AU COMTE DE GUITAUT
22 décembre [1657].
Je me persuade que vous vous souvenez encore assez de moi pour trouver Idou que je m'adresse à vous pour vous demander des nouvelles de la santé de Monseigneur le Prince et pour vous supplier de l'assurer que personne n'a ressenti une plus véritable joie que moi de sa guérison''. Je vous jure que je vous ai considéré comme je l'ai dû faire dans toutes les craintes de sa maladie, et que, dans un si grand malheur, j'ai pris part à toutes vos peines et à toutes vos inquiétudes. Je suis ravi qu'elles soient finies. Je vous conjure de le témoigner à Monseigneur le Prince, et de l'assurer de mes très-humbles respects. J'ai demandé la même grâce à Mme de Tourville^; mais comme j'ai su qu'elle n'est plus à Gand, j'ai cru que vous voudriez bien vous charger de ce soin-là. Je vous demande la continuation de votre amitié, et je vous proteste que vous ne l'accorderez jamais à personne qui soit à vous si véritablement que j'y suis.
Lettre 47- — Publiée pour la première fois dans le recueil de lettres inédites de ])]me de Sévigné (Klostermann, p. 274 ; Bossange, p. 289) : voyez plus haut, la note i de la page 7.