A MADEMOISELLE DE SILLERY
Novembre 1664.
Il me semble que vous vous mariez bravement sans
au Roi par le sieur de Castelan, contenant ce qui s'est passé à Gigery, à la retraite des troupes de Sa Majesté. » Ce même Castelan avait été chargé, en 1642, avec Couvonges et du Plessis-Praslin, d'arrêter le duc de Bouillon à Casai {Mémoires de Mme de MotteviUe, tome I, p. 85-87). L^ tome XVII du recueil manuscrit de Conrart, in-folio, Bibliothèque de l'Arsenal, renferme fp. 401) une « Relation » de cette affaire de « Gigerye », avec une liste des officiers et des volontaires tués dans la descente. On y lit que « le chevalier de la Rochefoucauld eut le doigt emporté. »
9. Le duc de Beaufort n'obtint pas le gouvernement de la Guyenne, vacant depuis la mort (1661) de Bernard de Nogaret, duc d'Epernon ; il ne fut donné qu'en 1670 au maréchal d'Albret.
10. Ou plutôt la grande maîtrise et surintendance de la navigation, qui avait remplacé l'amirauté, supprimée en 1627. En i66g, après la mort du duc de Beaufort, qui fut le dernier grand maître, l'amirauté fut rétablie en faveur du comte de Vermandois : voyez ^Histoire de la milice française, par le P. Daniel, in-4°, 172 1> tome II, p. 692 et 693.
Lettre 83. — Nous ignorons où est l'original de cette lettre badine, qui peut sembler étrange au milieu de toute cette correspondance d'affaires ou de cet échange de réflexions morales; il serait désirable qu'on en trouvât l'autographe, pour pouvoir répondre de l'authenticité. Dans une autre lettre, adressée également à Mlle de Sillery (voyez ci-après, p. 221, n» iia), la Rochefoucauld badine encore sur un ton des plus légers. Cette lettre 83 a été publiée dans le Petit Magasin des Damej (1806), p. Ii3, dans les Quatre saisons du Parnasse (recueil de FayoUe, 2''' année, été 1806), p. 2o5, et reproduite dans les éditions de 1818, p. 235, de 1825, p. 477i de 1869, p. 35o, et dans Madame de Sablé, p. Sai.
I. La nièce de notre auteur (voyez ci-après la note 3), fille du
me rien dire ; j'avois cependant d'assez bons conseils à vous donner; mais la l)eauté" de votre naturel et l'éducation de ma sœur' vous ont appris sans doute tout ce que vous aviez à faire dans une telle occasion. J'aurois cependant fort souhaité de pouvoir être témoin de votre conduite; je m'attends que vous m'en rendrez compte, car, sans cela, au lieu des prospérités que je vous souhaite, je vous souhaiterois les impossibilités, les jalousies réciproques, l'incompatibnité d'humeur, un beaupère amoureux de vous, une belle-mère acariâtre, des beaux-frères querelleurs, des belles-sœurs ennuyeuses, polies de campagne \ et aimant à lire de mauvais romans ; de la fumée en hiver, des punaises en été, des fermiers qui paient mal, de fâcheux voisins, des procès en défendant^, des valets qui vous volent, un méchant cuisinier, un confesseur molimste", une femme de chambre qui ne sait pas bien peigner, un carrosse mal attelé, un cocher ivrogne, du linge sale, de l'eau trouble, du vin vert, du pain de Beauce ', des créanciers impatients,
marquis de Slllery dont il a été question ci-dessus (lettre 13, p. 38, note 4); elle épousa, le a3 novembre 1664, Jean-Baptiste de Rochefort d'Ail ly, comte de Saint-Point et de Montferrand.
a. Dans les éditions de 1818, 1825, 1869, et dans Madame de Sahlé. on a substitué ici Sonfc à beauté-^ six lignes plus loin, celles de 1818, i8a5 et 1869 ont souhaite awWeix de souhaiterois \ et encore, neuf lignes plus bas, sache au lieu de sait.
3. Marie-Catherine de la Rochefoucauld, troisième sœur du duc, mariée, par contrat du 27 mai ifi38, au marquis de Sillcrj,