A LEKET
Je n'ai pu vous écrire plus tôt, car j'ai été extrêmement mal ; je ne me porte même pas assez bien encore pour oser entreprendre le voyage de Barèges * ; la saison est bien avancée, et j'ai des commencements de goutte qui m'empêchent d'aller^ plus loin; j'en retournerai plus tôt à Paris. Je suis très-fàché, en toutes façons^, de ce ([ue vous m'avez mandé de la rupture de votre traité : je sais à quel point ces choses-là embarrassent, et les circonstances que vous me mandez me déplaisent au dernier point. Si vous pouviez ne point rompre l'affaire ! Je pense que vous voyez bien qu'il ne faudroit pas stdépiter pour peu* de chose, et qu'il ne faudroit rien oublier pour la renouer. Je suis très-fàché aussi que Gour ville ne se trouve pas en état de faire ce qu'il est obligé sur votre chapitre^; il® me mande qu'il espère quelque accommodement, et cela remédieroit à tout^. Ma femme, ma fille ^, et généralement toute ma famille, vous font
Lettre 84. — Manuscrits deLenet, tome XXIV, foL l56et 167, au tographe; cachets conservés ; rien au dos. Elle parait avoir ^té écrit'' en i665, d'après rallusion qui y est faite à un épisode de la guerre maritime entre la Hollande et l'Angleterre : voyez ci-après, note 9,
1. Voyez p. ifi5, le/lre yS et note a. Il sera encore question de Barèges dans les lettres 86, 89, 97 et 114.
2. La Rochefoucauld avait d'abord écrit cie-^ ïa di'aller corrige e.
3. Dans l'original : « en toute façons. » Faut-il, comme nous l'avons fait, ajouter un s à toutes, ou supprimer celui de façons ?
4. Le p de peu paraît corriger s\ il semble qu'on avait d'abord voulu mettre : si peu.
5. Les biens de Gourville avaient été confisqués, et, avant de rentrer en grâce, il eut à faire au Trésor des restitutions très-considérables.