‹ Œuvres de La Rochefoucauld (volume 2)Chapitre 176 sur 256 · I03. LE DUC DE LA ROCHEFOUCAULD A MADAME · texte numérisé non relu

I03. LE DUC DE LA ROCHEFOUCAULD A MADAME

DE ROHAIN.

Quelque déférence que j'aie à tout ce qui vient de vous, je vous assure, Madame, que je ne crois pas que les Maximes méritent l'honneur que vous leur faites. Je me défie beaucoup de celles que vous n'entendez pas, et c'est signe' que je ne les ai pas entendues moi-même. J'aurai l'honneur de vous en dire ce que j'en ai pensé, dans un jour ou deux, et de vous assurer que personne du monde, sans exception, ne vous estime et ne vous respecte tant que moi.

Je vous envoie. Madame, les maximes que vous voulez avoir. Je n'en ai pas assez bonne opinion pour croire que vous les demandiez par une autre i-aison que par | cette politesse qu'on ne trouve plus que chez vous. Je sais bien que le bon sens et le bon esprit convient ^ à

Lettbe io3. — Revue sur la copie qui se trouve au tome XIII (p. 1184) du recueil in-f" des Papiers de Conrart, à la Bibliothèque de l'Arsenal; publiée, à la suite de notre lettre 102, dans Tédition de 1869, p. 356. C'est la re'ponse à la lettre précédente.

I, On a ajouté à tort un de\ant signe, et, à la ligne suivante, supprimé en devant dire, dans l'édition de 1869.

Lfttrk 104. — Portefeuilles de Vallant, tome II, fol. iSî, autographe ; rien au dos ; cachets à demi lacérés. Publiée dans les éditions de 1818, p. 227, de 1825, p. 462, de 1869, p. 828, et dans Ma<lame de Sablé^ p. 5ii. — Nous avons la réponse de Mme de Sablé ; au lieu de la renvoyer à V Appendice, nous la plaçons à la suite de cette lettre-, de même qu'avant la réponse (io3) du duc de la Rochefoucauld, nous a\ons donné son rang et son n» (102) à la lettre de Mme de Rolian.

I. Dans l'édition tle i8'>9, on a corrigé convient en conviennent.

tous les âges; mais les goûts n'y conviennent pas toujours, et ce qui sied bien en un temps ne sied' pas bien en un autre. C'est ce qui me fait croire que peu de o^ens savent être vieux^. Je vous supplie très-humblement de me mander ce qu'il faut changer à ce que je vous envoie. Mme de Fontevraux* m'a promis de m'avertir quand elle iroit chez vous. Je me suis tellement paré devant elle de l'honneur que vous me faites de m' aimer, qu'elle en a bonne opinion de moi. Ne détruisez pas votre ouvrage, et laissez-lui croire là-dessus tout ce qui flatte le plus ma vanité.

Ce a'"^ août [1675^].

« La confiance fournit plus à la conversation que l'esprit*.

« L'amour nous fait faire des fautes comme les autres passions; mais il nous eu fait fi\ire de plus ridicules '.

« Peu de gens savent être vieux*.

« La pénétration a un air de prophétie qui flatte plus

a. Dans l'autographe, il y a deux fols seiet pour sied,

3. Voyez ci- dessous, la troisième des maximes qui -sont jointes à eette lettre.

4. Ce nom propre est assez difficile à déchiffrer dans le manuscrit; les éditeurs de 1818, iSîS et 1869 ont imprimé Frontenau r ; V. Cousin donne, comme nous, Fontevraux-^ il semble que la Roch(>foucauld ait écrit Frontevaux. — Marie-Madeleine-Gabrielle de Rochechouart, sœur de Mme de Montespan, célèbre par son esprit et son savoir, fut bénite abbesse de Fontevrault (diocèse dWngers) en février 1671. Elle mourut en 1704, âgée de cinquanteneuf ans.

5. Cette date d'année paraît ancienne, mais non de la main de l'auteur. — Pour les maximes qui suivent., nous reproduisons le texte de 1818; le feuillet où elles sont avait déjà disparu des Portefeuilles de Vallant quand V. Cousin a republié la lettre.

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