GOURVILLE A LENET
A Paris, ce 2S Juillet [i652].
Je crois que vous aurez reçu une de mes lettres, par laquelle je vous mandois ce que je savois de nouvelles. Ce qui s'est passé depuis ^ sont des choses si publiques que je ferois conscience de vous donner la peine de les lire peut-être pour la dixième fois; mais comme vous n'êtes, possible, pas si bien informé de ce qui se passe à Pontoise, je vous en veux mander ce que j'en sais certainement. Il s'y forme une cabale forte contre le Cardinal, et M, de Villeroy* n'oublie rien pour le servir à point auprès du Roi. Le Premier Président même a dit tout haut que si Monsieur le Cardinal ne se retiroit bientôt, il supplieroit le R.oi de trouver bon qu'il se retirât lui-même^, et qu'il ne pou voit point tenir une j)lace si considérable que la sienne dans im conseil duquel les résolutions iroient enfin à la perte de sa patrie. Le Cardinal a voulu obliger ce qu'il y a de gens du Parlement à tenir un parlement à Pontoise, et les envoya chercher pour les en presser horriblement. Ces efforts furent inutiles, et ils dirent toujours qu'ils ne se désuniroient point de leur compagnie*. Le Cardinal se mit dans une si^ furieuse colère qu'il en a été trois jours malade, et en fut encore saigné devant hier.
Je vois moins d'apparence à la paix que jamais, et je suis
Lettre 17. — De la main de Gourville, et signée de l'initiale G. — Manuscrits de Lenet, tome XXV, fol. 265 et 266; au dos, la mention : « M. de Gourville pour {c^està-dire au nom de) M. le duc de la Rocliefoucault. » La clef du chiffre, vers la fin de la lettre, est en interligne, de la main de Lenet : voyez ci-dessus, la lettre 21 et la fin des lettres a3, 24 et 26.