Après notts^ i' y ^ verrons, hiffé
9. Voyez ci-dessus, lettre 21, p. 53 et note 7. — Cet alinéa chiffré, tel qu'il est traduit dans l'original, a, pour accroître l'obscurité, deux noms [Adamas et Pollux) pour Viole, deux [Astropol et Rosanire) pour Condé, lequel a déjà de même une double désignation [Astropol et Didon) dans la lettre 24, p. 68. Si nous rapprochons la lettre 24 de cette lettre-ci et de la lettre 23, p. 62, nous trouvons aussi deux noms pour la Rochefoucauld : Diane et Florestant ; et, dans un autre chiffre (voyez ci-dessus, p. 258, note a), deux autres : M. Hesmond et M. de Beaulieu.
10. Ce qui suit, après le mot oblige, a été ajouté par Gourvllle en haut des deuxième et troisième pages, à contre-sens de l'écriture du reste de la lettre.
et plus de cent à vous être plus acquis que personne du monde, et votre très-humble et très-obéissant serviteur. — G. M. de la Rochefoucauld va toujours de mieux en mieux, et vous fait mille compliments**.
l8. LA DUCHESSE DE LA ROCHEFOUCAULD A LENET.
Ce 29* novembre [lôSî].
Monsieur,
La continuation de votre maladie me donne beaucoup de d.'plaisir* et ti'ès-grande curiosité de savoir de vos nouvelles.
II. Dans les Manuscrits de Lenet^ d'où est tirée cette lettre, ainsi que tant d'autres de notre recueil, il s'en trouve deux, autographes, écrites à Lenet par Honoré Courtin (voyez ci-dessus, p. 74, la note 8 de la lettre 26), qui, par leurs dates, 18 [septembre] et •>. octobre [1632], se placent entre cette lettre 17 et la lettre 18. L'une est au tome VI, fol. i5 (elle a été insérée par M. Paulin Paris dans son commentaire de Tallemant des Réaux, tome V, p. 3o2); l'autre est au tome X, fol. 11 et 12". Elles sont relatives aux dissensions de la petite cour du prince de Contj à Bordeaux, et très-vives contre Sarasln, secrétaire des commandements de ce prince, et prote'gé par Mme de Longueville. Il y est parlé de la Rochefoucauld comme étant très-irrité, lui aussi, contre Sarasin, que Courtin appelle un dangereux ennemi. « Je dis dangereux, ajoutet-il, à cause de la protection qu'il a {de Mme de Longueville) ; si elle lui manquoit, il ne seroit pas fort à craindre, et je pourrois tenir les manteaux * de MM. de la Rochefoucauld et de Guitaut, qui ont dessein de faire tomber quelque grêle sur ses épaules. »
Lettre 18. — Manuscrits de Lenet, tome X, fol. 244 ^^ 246, autographe, sans suscription.
I. L'orthographe de la duchesse se distingue par cette liberté, alors si commune, dont les exemples abondent dans certaines de nos lettres : voyez, entre autres, la lettre 3 de cet appendice^ ci-
" La première n'a pas de suscription ; celle de la seconde est : « A Monsieur Monsieur l'Aine, conseiller du Roi en ses conseils d'État et privé, à Bordeaux.»
* Sur cette locution : « tenir les manteaux » de ceux qui commettent un acte de violence et s'en rendre ainsi complice, le faciliter, comme saint Paul qui tenait les manteaux des Juifs lapidant saint Etienne, voyez le Dictionnaire de M. Littré, à l'article Mantfau, i», et l'exemple de Voltaire qui y est cité.
C'est pourquoi j'ai ouvert la lettre que vous avez fait l'honneur d'écrire à M. de la Rochefoucauld, où je vois que vous ne vous lassez point de l'obliger, et, quoique vos propres maux soient très-grands, vous ne laissez pas de sentir ceux de vos serviteurs. En vérité. Monsieur, cela est bien extraordinaire, et il fixut que votre vertu soit bien épurée, puisque l'acharnement que l'on a contre M. de la Rochefoucauld et son malheur ne vous donne point plus mauvaise opinion de lui. Après l'épreuve d'une aussi longue persécution que ceKe qu'il souffre, je veux croire que le monde de votre cour ^ se repentira quelque jour d'en user comme ils font, et il nous est bien avantageux que nos intérêts soient soutenus par une personne comme vous. Je ne prétends pas vous faire des compliments de tout le passé : je vous demande seulement la continuation de vos bontés.
J'envoirai votre lettre à M. de la Rochefoucauld, qui est bien près de Monsieur le Prince, s'il n'est déjà arrivé auprès de lui\ Vous avez bien su comme il a voit demandé une sûreté pour demeurer ici se faire traiter, ou un passe-port pour aller chez lui en attendant la saison de travailler à ses yeux ; mais l'on n'a pas jugé à propos de faire ni l'un ni l'autre sans qu'il signât l'amnistie ''. Il a donc mieux aimé s'en aller, avec un œil dont il ne voit pas à se conduire, et avec l'autre fort menacé du même mal, que de faire ce que la cour demandoit de lui ;
dessus, p. 23 1 , note 3. Elle écrit : heaucoiib de dcples'ir \ quatre lignes plus b;is, /ewez, pour /a/wec ; puis soïet^ pour soit -^ envolréj pour eiivoirai ; lam/iestie, pour ramnistie • penne, pour peine \ /a///, poiu" failli ; change et porle^ pour changent et portent ; plaisent^ pour plaisant-^ cette état; ors^ pour hors.
2. La cour frondeuse de Bordeaux : voyez p. 268,1a note 11 de la lettre précédente.
3. Il était parti le vendredi 22 novembre, huit jours avant la date de cette lettre-ci : voyez ci-dessus, les lettres /\o et 42, et paiticulièremeut, p. 116 et 118, les notes 6 et 1 3 de la 42"=,
4. C'est-à-dire se soumît aux conditions imposées par la de'claration d'amnistie que le Roi avait envoyée de Compiègne immédiatement avant sa rentrée à Paris, laquelle avait eu lieu le 21 octobre. Voyez les Mémoires de Mme de Motteville^ tome IV, p. 34; et Madame de Longueville pendant la Fronde, p. 273 et 274.
et ce n'a pas été sans beaucoup de peine que ses amis lui ont fait avoir un passe-port pour aller joindre Monsieur le Prince. Enfin il l'a eu, et, après avoir eu la peine de se cacher une nuit dans Paris et en avoir passé une aux champs ^ sans se coucher, pour être plus prêt à se sauver, il est parti, et s'en va droit à l'armée de Son Altesse, où il séjournera deux jours au plus; de là, il ira à Dam\illiers pour voir sa sœur^, qui a failli à mourir. Il n'y séjournera que fort peu et prendi'a sa route à Bruxelles, en attendant que les choses changent ou qu'il soit en état de servir : car présentement une seule matinée de brouillard seroit capable de le rendre aveugle. Il a plus de coiffes et de bonnets que les vieilles n'en portent, et des lunettes avec des verres : enfin cela est plaisant de le voii' équipé comme il est. Pour moi, j'ai toute la douleur que je puis avoir de l'avoir vu partir en cet état. Il a envoyé queru" mon fils ', qui n'aura pas été trop longtemps hors du service, puisqu'il n'y a pas deux mois que Monsieur le Prince est parti, et Monsieur son père ne l'avoit envoyé chez lui que pour lui donner un peu de i-epos, après une aussi rude campagne que celle qu'il avoit faite et une aussi grande maladie que celle qu'il a eue^ Je vous mande tout ce détail, Monsieur, parce que je suis persuadée que vous l'aurez agréable. Si je savois quelque nouvelle, je vous en ferois part ; mais je ne songe plus qu'à me retirer à la Rochefoucauld ^. En quelque lieu que je sois, vous y aurez toujours.
Monsieur,
Une très-humble et très-affectionnée servante,
A. DE VlVOXlSE.