A MALBASTIT
Malbastit, je ne reçois pas vos excuses, tant pour ne me mander pas assez souvent des nouvelles du pays que pour la poursuite de l'affaire contre le sieur Cantals, où je trouve
Lettre 4. — Autographe.
Lettre 5. — La signature et le post-scriptum seuls sont autographes. Fragment d'un cacliet armorié sur cire rouge. La mention qui est faite dans cette lettre du maréchal de Schonberg prouve qu'elle a été écrite avant le 6 juin i656, date de sa mort.
que vous allez trop lentement, et que le de'cret en devroit être fait à cette heure ; et ces marchands de Paris qui étoient obligés de payer y vont bien plus vite, ayant fait saisir mes terres, et me faisant faire de grands frais qui tomberont sur eux*. C'est pourquoi vous ne perdrez pas une heure de temps à celte affaire, si vous voulez que j'aie de la satisfaction de vous.
Je suis bien marri du mal que vous me mandez que la sécheresse a fait aux arbres qu'on avoit plantés et à ma vigne de musquard '^. S'il y reste quelque chose, il le faut bien conserver; et pour mon bâtiment, il le faut parachever; mais il n'y a rien de pressé, et je ne veux qu'on y emploie d'autre argent que celui que j'y ai destiné.
Je suis bien aise que le voyage que vous avez fait à Agen ait été utile pour mes terres, et je m'assure qu'aux choses qui dépendront de M. le maréchal de Schonberg', elles seront soulagées, et je lui en écris pour l'en prier encore. La récolte a été aussi médiocre en ce pays qu'au vôtre, et n'y a point de doute que les blés vaudront de l'argent cette année. J'écris à Bourdeaux'' pour la force que j'y ai, et je serai bien aise qu'on témoigne à M. le curé de Saint-Capraiz ' que je lui sais gré de ce qu'il en a écrit à Monsieur son frère.
Je suis votre meilleur ami,
La Rochefoucauld.
1. Sur les embarras d'argent du duc de la Rochefoucauld, voyez la Notice biographique^ p. XLiv et lviii-lx.
2. C'est sans doute muscat qu'il faut lire : voyez, à la page suivante, lettre 6 et note 3.
3. Voyez ci-dessus, p. 122, la note 4 de la lettre 46. Le maréchal Charles de Schonberg (dans l'original Chombert) eut, après son père Henri, le gouvernement du Languedoc ; il s'en démit en
4. Dans l'original, Buordeaux. Le mot force qui suit signlGe « la force de blé » et est pris au sens de quantité qu'il a dans la locution : force gens^ et dans celle-ci, qui se rapproche davantage de notre exemple : « force palme et force laurier » (Malherbe, tome I, p. ii3).
5. Peut-être s'agit-il du curé de l'église collégiale de Saint- C.iprcùs, aujourd'hui cathédrale, à Agen.
Il faut nécessairement, et sans y trouver d'excuse, que vous m'envoyiez^ un homme qui sache bien labourer et cultiver la terre. Je ne le garderai que tant qu'il voudra.
Ce dernier d'août, à Verteuil.
Suscription : A Malbastit.