A LEJNET
A Paris, le 23^ octobre iGSa.
Votre mal m'a tout à fait donné de l'inquiétude, et vous me feriez la plus grande injustice du monde, si vous croyez ^ qu'il y eût quelqu'un qui prît plus de part que moi à tout ce qui vous touche. Je n'ai pas laissé passer un seul courrier sans vous écrire; et, tout de bon, vous devez être satisfait de moi, et la bonne amie aussi ; mais, puisque vous ne pouvez pas m' écrire, elle pourroit bien dai<rner me mander si mes lettres se recoivent. Demain nous - protesterons de ne plus rien faire contre le service du Roi. Je vous avoue que je me trouve bien embarrassé, car je vous assure que je ne saurai plus que faire quand je ne ferai plus de mal. Au nom de Dieu, faites-moi mander l'état de votre santé'.
iSSa, que rien n'indique avoir été écrite expressément au nom de la Rochefoucauld, on lit (même tome, fol. 87, verso) : « Monsieur d'Orléans a aussi chargé M. d'Aligre, négociateur pour la cour, de demander un passe-port pour Mgi' de la Rochefoucauld, ])our se faire traiter d'un œil qu'il va perdre, et avec peine l'assure-t-on qu'il conservera l'autre. C'est à condition qu'au bout du temps qu'on lui voudra donner, il pourra aller trouver Monseigneur le Prince; et si on ne le lui veut pas accorder, et qu'on le veuille obliger à prendre l'amnistie, il ira trouver Monseigneur le Prince, dût-il être aveugle le lendemain. Néanmoins, M. d'Aligre a fait espérer le passe-port. »
Lettre 38. — Manuscrits du Lenet, tome X, fol. 61, de la main de Gourville, mais fort probablement dictée par la Rochefoucauld; au dos: « Lettre de nouvelles, de 1662. »
i . Il y a ainsi croyez^ pour croyiez, dans l'original.
a. Après «t>/«, esl hW'ié proteston\s\.
i Dans ime autre lettre de Gourville à fienet, portant la même