‹ Œuvres de La Rochefoucauld (volume 3)Chapitre 112 sur 610 · Sans en parler au Cardinal. {Ibidem · texte numérisé non relu

Sans en parler au Cardinal. {Ibidem

76 MEMOIRES. [i643]

résoudre à ne suivre pas les volontés du cardinal Mazarin. Mme d'Aiguillon, soutenue du Cardinal, n'oublia rien pour se garantir * ; elle me fit offrir la charge de général des galères^, par Mlle de Rambouillet'. Le Cardinal, par un artifice, qu'il a depuis * mis en usage en tant d'occasions, voulut me donner d'autres vues en la place de celles ^ que j'avois, et me faire abandonner le Havre, qu'on m'avoit promis, pour des espérances éloignées dont il auroit pu aisément empêcher le succès. Il savoit que j'avois répondu, sur les propositions de Mme d'Aiguillon, que je ne demandois ni le Havre ni les galères^, que je croyois seulement que la Reine me destineroit à ce qui seroit le plus utile à son service, et que c'étoit ce que j'accepterois par préférence. La Reine témoigna ensuite de vouloir récompenser"^ le maréchal de Gramont ^ de la charge de mestre de

1. N'oublia rien de son côté pour se garantir. (1817, 26, 38.) — Suivant Mme de Motteville (tome I, p. loS et 109), Mme d'Aiguillon fit, entre autres choses, observer à la Reine que a celui auquel elle vouloit donner ce gouvernement avoit trop d'esprit, qu'il étoit capable de desseins ambitieux, et pourroit, sur le moindre dégoût, se mettre de quelque parti. »

2. Les galères, employées principalement sur la Méditerranée, relevaient, dans la marine française, d'une administration distincte, dont le siège était à Marseille. Ce fut le duc de Richelieu (voyez p. 75, note 3) qui, en i643, succéda à son père François, marquis de Pont-Courlay, dans la charge de général des galères; elle fut supprimée en 1748.

3. Julie-Lucine d'Angennes, fille de Catherine de Vivonne, marquise de Rambouillet. Elle épousa en i645 Charles de Sainte- Maure, marquis, puis duc de Montausier, et gouverneur du Dauphin en 1668. Voyez, V. Cousin, la Société française au dix-septième siècle^ tomell, chapitre IX.

4. On lit ici, dans notre manuscrit, les mots si souvent^ biffés.

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