‹ Œuvres de La Rochefoucauld (volume 3)Chapitre 122 sur 610 · Avant que · texte numérisé non relu

Avant que

viteur de M. le duc d'Engliien et ami de Coligny*. Je connoissois la malignité du duc de Beaufort et de Mme de Montbazon, et je ne doutai point que ce ne fût une méchanceté qu'ils vouloient faire à Mme de Longueville. Je fis tous mes efforts pour engager Mme de Montbazon, par la crainte des suites, à brûler les lettres ^ devant moi, et à n'en parler jamais : elle me Favoit promis, mais le duc de Beaufort la fit changer. Elle se repentit bientôt de n'avoir pas suivi mon conseil : cette affaire devint publique, et toute la maison de Condé s'y intéressa comme elle devoit. Cependant celui qui avoit véritablement perdu les lettres étoit de mes amis, et il aimoit la personne qui les avoit écrites ^. Il voyoit que les lettres seroient indubitablement reconnues , puisque Monsieur le Prince, Madame la Princesse et Mme de Longueville vouloient les montrer publiquement pour convaincre Mme de Montbazon d'une noire supposition, parla différence de l'écriture. Dans cet embarras, celui qui avoit perdu les lettres souffrit tout ce qu'un honnête homme doit souffrir dans une telle rencontre : il me parla de sa douleur, et me pria de tenter toutes choses pour le tirer de l'extrémité où il se trouvoit. Je le servis heureusement; je portai les lettres à la Reine, à Monsieur le Prince et à Madame la Princesse; je les fis voir à Mme de Rambouillet*, à Mme de

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