De renvoyer
3. On ne voit pas bien, dans le récit très-sommaire et un peu confus de la Rochefoucauld, la succession chronologique des événements. Le mercredi, 26 août 1648, premier jour de la mutinerie, Paris se couvrit de barricades ; on jeta des pierres au maréchal de la Meilleraye, qui essayait d'apaiser le désordre, et les bourgeois gardèrent les avenues du Parlement. Ce fut ce jour-hi que le Coadjuteur fît par les rues sa fameuse promenade en rocliet et camail, et tenta auprès de la Reine, au Palais-Royal, cette démarche de conciliation qui lui a fourni, selon son mot habituel, une des plus belles scènes de ses Mémoires (voyez tome II, p. i5 et suivantes). La nuit toutefois fut assez calme ; mais le lendemain 27, le chancelier Seguier îiyant voulu, suivant les ordres de la cour, se rendre au Palais pour y lire un arrêt sévère du Conseil, fut assailli par le peuple, et ce fut ce même jour qu'eut lieu cette députation impérieuse du Parlement, suivi de plus de vingt mille hommes, qui obligea Anne d'Autriche à capituler et à rendre les prisonniers. Voyez le récit de Retz, tome II, p. 89 et suivantes; à V Appendice du même tome II, la Journée des barricades, p. 607-620; et l'Histoire du temps, p. 189 et suivantes.
4. François-Paul de Gondi, plus tard cardinal de Retz, avait été élevé en i643 à la coadjutorerie de l'archevêché de Paris, dont
io4 MEMOIRES. [1648]
lors n'avoit point encore paru * dans les affaires et qui vouloit s'y donner part , prit cette occasion pour offrir son service à la Reine, et pour s'entremettre d'apaiser la sédition; mais son zèle fut mal reçu, et on fit même des railleries de son empressement^.
Je n'étois pas alors à Paris, et j'ctois allé par ordre de la Reine dans mon gouvernement^; ma présence même y fut nécessaire, pour contenir le Poitou dans son devoir : cette province avoit commencé de se soulever, et on y avoit pillé quelques bureaux du Roi*. Devant que de partir, il me paroissoit que le Cardinal vouloit quelquefois me ménager, et qu'il feignoit de désirer mon amitié; il savoit que la Reine s'étoit engagée à moi, dans tous les temps , de donner à ma maison les mêmes avantages qu'on accordoit à celles de Rolian et de
Jean-François de Gondî, son oncle, était alors titulaire. Voyez ses Mémoires^ tome I, p. 210-212,