Dans los termes où elles étoient alors. {Ms. H^ réd. i
MEMOIRES. [1649] i59
Monsieur le Prinee parles retardemenls et par le déplaisir (le se voir, de même que ses ennemis, aux pieds desjuj^es dans la condition de suppliant*, le Cardinal ne manqua pas d'employer des prétextes ^ apparents pour Vy conduire adroitement ; et, pour avoir tout le temps dont il avoit besoin pour exécuter son dessein, il lui représenta '^ que ce seroit renouveler la guerre civile que d'attaquer les Frondeurs par d'autres voies que par celle* delà justice, qui devoit être ouverte aux plus criminels* ; que raffaire dont il s'agissoit étoit d'un trop grand poids pour être décidée ailleurs qu'au Parlement, et que la conscience et la dignité du Roi ne lui permettoient pas^ d'employer d'autres moyens ; que l'attentat étoit trop visible pour n'être par facile à vérifier^; qu'un tel crime méritoit un grand exemple, mais que, pour le donner sûrement, il falloit garder les apparences et se servir des formes ordinaires de la justice. Monsieur le Prince se disposa sans peine à suivre cet avis, tant parce qu'il le croyoit le meilleur, qu'à cause que son inclination est assez éloignée de se porter à d'aussi grandes extrémités que celles où il prévoyoit que cette affaire l'alloit jeter ^. M. le duc d'Orléans le fortifioit encore dans cette pensée par la crainte de voir tomber les prétentions de
I . * De se voir aux pieds des juges dans la condition de suppliant, aussi bien que ses ennemis. {Ms. //, réd. 1 .)
a. * Ne manqua pas de prétextes. (Ms. H, réd. i.)
3. Pour avoir ainsi tout le temps dont il avoit besoin, il lui repré senta. (Ms. /f, red. i.)