Dès la prison des Princes. {Ms. Hf réd, i
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vernement de Poitou, pour y disposer les choses à la guerre, et pour essayer, avec les ducs de Bouillon, de Saint-Simon * et de la Force ^, de renouveler les mécontentements du parlement et de la ville de Bourdeaux, afin de les obliger à prendre les intérêts de Monsieur le Prince^. Cette ville et ce parlement y étoient d'autant plus engagés que les manifestes de la cour, depuis la prise de Monsieur le Prince, ne lui imputoient point de plus grands crimes que d'avoir protégé avec trop de chaleur les intérêts de la Guyenne * .
1. Claude le Borgne de Rouvroy, seigneur, puis duc (i635) de Saint-Simon (en Picardie), ancien favori de Louis XIII, était gouverneur de Blaye. C'est le père de l'auteur des Mémoires.
2. Jacques Nompar de Caumont, maréchal de France, créé duc et pair en 1687, né en i558, mort au château de la Force en i652. Nous avons déjà cité ses Mémoires.
3. Les nouvelles du mois de mars, dans le manuscrit anonyme, reviennent souvent sur le compte du prince de Marcillac , lequel donne beaucoup d'' inquiétude à la cour. On lit aussi, à la date du 28 mars i65o, dans les Instructions inédites du cardinal Mazarin concernant les Frondeurs (Appendice du tome II, p. SyS et 874 des Mémoires de Retz, éd. Ch.) : « Il y a diverses personnes , comme M. le prince de Marcillac et autres, qui tachent d'exciter de nouveaux troubles dans les provinces et même à Paris, et d'y former des cabales contre le service du Pioi.... » — Mme de Motteville dit de son côté (tome III, p. 188) : « La cour étant à Paris, on déclara Mme de Longueville, le duc de Bouillon, le vicomte de Turenne et le duc de la Rochefoucauld criminels de lèse-majesté. On envoya cette déclaration à tous les parlements de France.» Cette pièce, enregistrée le 7 février, se trouve dans le Journal du Parlement (p. 65 et suivantes) ; il contient aussi (p. 76 et suivantes) une autre déclaration « contre Mme la duchesse de Longueville, les sieurs duc de Bouillon, maréchal de Turenne, prince de Marcillac et leurs adhérents, » qui fut donnée à Paris le 9 mai et enregistrée le 16.
4. « Afin de les obliger à prendre les intérêts de Monsieur le Prince {comme y étant en gagés ., réd. 2), puisque les manifestes de la cour, depuis sa prise, ne lui imputoient pas déplus grand crime que d'avoir protégé avec trop de chaleur les intérêts de leur ville. {Ms. //, réd. I et 2.) — Les éditions antérieures à 1804, non pas
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L'autorité de la cour parut alors plus afTermie que jamais par la prison des Princes et par la réconciliation des Frondeurs. La Normandie avoit reçu le Roi avec une entière soumissions et les places du duc de Lontrueville s'étoient rendues sans résistance. Le duc de Richelieu fut chassé du Havre ; la Bourgogne imita la Normandie^'-, Bellegarde' fit une résistance honteuse; le
seulement depuis 1689, mais depuis 1667a, ont de plus ici le morceau suivant, où, après des réflexions sur l'arrestation de Conde, se trouve rapporté un fait que nous avons vu mentionné pl'fs haut en d'autres termes : « Pour ce qui est des raisons qui ont obligé le Cardinal à arrêter Monsieur le Prince, je suis persuadé qu'il n'y en a point eu de bonnes, et que toutes les règles de la politique étoient contre ce dessein-là, comme les événements l'ont fait voir: outre que jusque-là Monsieur le Prince n'avoit pas même été soupçonné de la moindre pensée contre l'Etat. Je crois donc que non-seulement le Cardinal a voulu être par là le maître de la cour, mais encore qu'il n'a pu souffrir la manière aigre et méprisante avec laquelle le prince de Condé le traitoit en pubhc, afin de rega<nier dans le monde ce que leur réconciliation lui avoit ote. Il faisok la même chose dans les conseils particuliers, pour le détruire dans l'esprit de la Reine, et y prendre le poste qu'd y occupoit. Enfin l'aigreur augmentant entre Monsieur le Prince et lui, il se hâta de le perdre, pour ne lui pas donner le temps de se réconcilier avec les Frondeurs. Il conduisit si adroitement cette affaire, que le prince de Condé crut non-seulement que les préparatifs^ que l'on faisoit pour l'arrêter regardoient les Frondeurs ; mais même, dans cette vue-là, il donna lui-même les ordres pour se faire conduire plus sûrement en prison (voyez p. 169). La chose fut exécutée d'un consentement si général des peuples, que la duchesse de Longueville étant retirée, sans être connue, dans une maison particulière, pour attendre les choses nécessaires pour partir, vit allumer les feux de joie et paroître les autres marques de la réjouissance publique pour la détention de ses frères et de son mari
(voyez p. 172). »