IV
[ Février-août 1 65 1 . ]
La prison (le Monsieur le Prince avoit ajouté* un nouveau lustre à sa gloire , et il arrivoit à Paris * avec tout Téclat qu'une liberté si avantageusement obtenue lui pouvoit donner. M. le duc d'Orléans et le Parlement Favoient arrachée des mains de la Reine; le Cardinal étoit à peine échappé de celles du peuple, et sortoit du Royaume chargé de mépris et de haine ; enfin, ce même
I. La partie rv est tout entière dans les éditions anciennes, non pas seulement à partir de 1689, mais aussi dans celles de 1662- 1688, qui du premier tiers du morceau précédent ne nous donnent que quelques fragments. Dans le manuscrit D de la Roche- Guyon, source de notre texte, il n'y a pas ici de coupure. On y lit seulement à la marge, de la main de l'annotateur, ce titre, qui est celui de l'impression de 1689 et des suivantes : Relation de ce qui se passa depuis la prison des Princes jusqvHà la guerre de Guyenne. Dans les éditions précédentes et dans celle de 1717, il y a simplement: Ce qui se passa depuis la prison^ etc. Renouard (1804) a ainsi modifié l'intitulé : Retour des Princes à Paris et leur retraite à Saint-Maur. Dans le ms. H de la Bibliothèque nationale, cette partie n'est séparée de ce qui précède que par un petit parafe et ne porte point de titre. Il n'y a ni titre ni séparation aucune dans les éditions de 1826 et de i838. — Nous avons dit dans la Notice et l'on a pu voir à la partie m que les éditions anciennes, antérieures à 1804, peuvent se diviser, pour l'état du texte, en deux séries : une première, de 166a à t688 inclusivement (y compris 1717); une seconde, de 1689 à 1804 exclusivement. Par un seul astérisque nous indiquons, comme pour le morceau précédent, qu'une variante se trouve dans la seconde série; par deux astérisques, qu'elle est dans les deux séries ; par une croix, qu'elle est seulement dans la première. 3. ** Avoit apporté. {Ms. H., réd. i.) 3. Le 16 février i65i. {Journal du Parlement., p. 45.)
238 MÉMOIRES. [i65i]
peuple qui, un an auparavant, avoit fait des feux de joie de la prison * de Monsieur le Prince, venoit de tenir la cour assiégée dans le Palais-Royal pour procurer sa liberté. Sa disgrâce sembloit avoir changé en compassion la haine qu'on avoit eue* pour son humeur et pour sa conduite, et tous espéroient également que son retour rétabliroit Tordre et la tranquillité publique*.
Tel étoitTétat des choses* lorsque Monsieur le Prince arriva à Paris avec M. le prince de Conti et le duc de Longueville. Une foule innombrable de peuple et de personnes de toutes qualités alla au-devant de lui jusqu'à Pontoise. Il rencontra, à la moitié du chemin, M. le duc d'Orléans, qui^ lui présenta le duc de Beaufort et le coadjuteur de Paris ®, et il fut conduit au Palais-Royal au milieu de ce triomphe et des acclamations publiques''. Le Roi, la Reine et M. le duc d'Anjou* étoient demeurés au Palais-Royal^ avec les seuls officiers de leur maison, et Monsieur le Prince y fut reçu comme un homme qui étoit plus en état de faire grâce que de la demander ^•^.
Plusieurs ont cru que M. le duc d'Orléans et lui
1. De la prise. (Ms. H, réd. i et 2.) — Dans les anciennes éditions : <i du malheur » .