Ne connoissoient pas. (Ms. H, réd
5. Le parlement de Paris avait, on le sait, la prétention, de par son droit d'enregistrement, de représenter les anciens parlements du Royaume, d'être, comme on disait, une sorte à^états généraux au petit pied. Le président de Mesmes soutenait que les parlements « tenoient un rang au-dessus des états généraux, étant juges par la vérification de ce qui y étoit arrêté ; que les états généraux n'agissoient que par prières et ne parloient qu'à genoux comme les peuples et sujets; mais que les parlements tenoient un rang au-dessus d'eux, étant comme médiateurs entre le peuple et le Roi. » (Journal d^Olivier d''Ormesson, année 1649, tome I, p. 698, édition Cliéruel.) —
MÉMOIRES. [iG5i] l'rj
piiycrlcs demandos de la noblesse, et de s'attirer par là le mérite d'avoir procuré le repos public, ils songèrent * seulement aux moyens de dissiper rassemblée, et crurent avoir satisfait à tous leurs devoirs, en tirant parole de la cour de faire tenir les états six mois après la majorité du Roi -. En suite d'une promesse si vaine, l'assemblée se sépara*.
La cour étoit alors partagée en plusieurs cabales; mais toutes s'accordoient à empécber le retour du Cardinal*. Leur conduite néanmoins étoit différente : les Frondeurs se déclaroient ouvertement contre lui ; mais
c Cette compagnie (/e Parlement), dit de son coté Mme de Motteville (tome III, p. 340), est toujours opposée aux états, à cause qu'ils offusquent son pouvoir, et que le mot de tiers état ne lui plaît pas.» Voyez aussi Retz, tome III, p. 44» ^^' Ch. I. * Le repos public, songèrent. QMs. H^ réd. i et 2.) a. Cette majorité était fixée au 5 septembre. Aussi le Journal du Parlement (séance du a3 mars, p. 67) relève-t-il l'inanité de cette parole delà cour, a attendu que lors, la régence étant finie, la Reine leur promettoit une cbose qu'elle ne seroit plus en pouvoir de faire exécuter, si le Roi, majeur alors, n'y consentoit. » Ajoutons que les élections se firent pourtant; des députés même se rendirent à Tours, lieu fixé pour la convocation; mais ils j attendirent en vain l'ouverture des états. A cette date (fin de i65i), le prince de Condé s'était retiré en Guyenne, et de tous côtés on ne pensait plus qu'à la guerre. Bien qu'ajournés de nouveau (au i**" novembre lôSa), les états, en fin de compte, ne s'assemblèrent pas. Voyez dans le tome II du Choix de Mazarinades, p. 292 et suivantes, la Requête des trois états ^ en date du 17 août i65i, touchant le lieu et les personnes qu^on doit choisir pour P assemblée des états généraux^ etc.
3. * L'assemblée se sépara, et les choses reprirent le chemin que je vais dire. [Ms. H^ réd.i et 2.) — Tout cet alinéa manque dans les éditions antérieures à 1689.
4. Voyez, en tenant compte de l'exagération propre aux libelles du temps, deux pamphlets rimes, en date de février et de mars i65i, intitulés l'un la Mazarinade, l'autre la JuUade ou Discours de P Europe à Monseigneur le duc d^Orlcans sur féloignement du cardinal ytazarin et le retour des Princes. (Choix de Mazarinades, tome II, p. 227-229 et p. 241-253.)
248 MÉMOIRES. [i65i]
le garde des sceaux de Châteauneuf paroissoit attaché à la Reine *, bien qu'il fût le plus dangereux ennemi du Cardinal. Il croyoit que le meilleur moyen de le tenir éloigné et d'occuper sa place, étoit d'affecter d'entrer* dans tous les sentiments de la Reine ^. Elle rendoit compte de tout au Cardinal* dans sa retraite, et son éloignement augmentoit encore ^ son pouvoir. Mais, comme ses ordres venoient lentement, et que l'un étoit souvent détruit par l'autre ^, cette diversité apportoit une confusion aux affaires à laquelle on ne pouvoit remédier.
Cependant les Frondeurs pressoient le mariage de M. le prince de Conti et de Mlle de Chevreuse. Les moindres retardements leur étoient suspects, et ils soupçonnoient déjà Mme de Longueville et le duc de la Rochefoucauld d'avoir dessein de le rompre"^, de peur
1. Se montroit en apparence attaché à la Reine. (Ms. H^ réd. i et 2.)
2 . ** Il croyoit cette conduite d'autant plus sûre pour l'éloigner^ et pour occuper sa place, qu'il affectoit d'entrer. {Ms. H, réd. i.)
3. **De la Reine, pour hâter son retour. {Ms. H.^ réd. i et 2.) 4- Elle rendoit compte exactement au Cardinal de toutes choses.
{Ms. H, réd. I.)
5. Et son éloignement avoit encore augmenté. {Ms. i/, réd. i et 2.)
6. Consultez passim le recueil des Lettres de Mazarin à la Reine, durant les années i65i-i652, publiées par M. Ravenel. i vol. in-8. La Rochefoucauld y est nommé le Rocher ; le prince de Condé y est désigné par le chiffre 33 et par des noms divers : le Vaillant^ les Crédules^ les Embarrassés ^ les Incertains; le Poltron., c'est Retz; et le Joli, le duc de Nemours.
y. Le duc de la Rochefoucauld, dit Guy Joli (tome I, p. 178 et 179), « représentoit incessamment à Monsieur le Prince qu'il n'obtiendroit jamais rien de la cour, sans quelque complaisance pour la Reine; que la continuation de son engagement avec le Coadjuteur, et la consommation de ce mariage l'éloigneroient peut-être sans retour de toutes sortes de grâces. »
MÉMOIRES. [i65i] 249
que ^ï. le prince de Conli ne sortît de leurs mains, pour entrer dans celles de Mme de Clievreuse et du coadjuteur de Paris. Monsieur le Prince augmentoit encore adroitement leurs soupçons contre Madame sa sœur et contre le duc de la Rochefoucauld, croyant que, tant qu'ils auroient cette pensée, ils ne découvriroient jamais la véritable cause du retardement du mariage, qui étoit que Monsieur le Prince n'ayant encore ni conclu ni rompu son traité avec la Reine, et ayant eu avis que M. de Chàteauneuf devoit être chassé, il vouloit attendre Tévénement pour faire le mariage, si le Cardinal étoit ruiné par M. de Chàteauneuf, ou faire sa cour à la Reine en le rompant*, si M. de Chàteauneuf^ étoit chassé par le Cardinal.
Cependant, on envoya à Rome pour avoir la dispense'* sur la parenté*. Le prince de Conti l'attendoit avec impatience, tant parce que la personne de Mlle de Chevreuse lui plaisoit, que parce que ^ le changement de condition avoit pour lui la grâce de la nouveauté*. Il
1. Ou {pour^ réd. i)le rompre et faire par là sa cour à la Reine. {Ms. H^ réd. i et 1.')
2. ** Ruiné par le garde des sceaux..., si le garde des sceaux. {Ms. H, réd. I.)