‹ Œuvres de La Rochefoucauld (volume 3)Chapitre 300 sur 610 · Par l'ordre de la Reine. {Ms. JI^ réd. i et · texte numérisé non relu

Par l'ordre de la Reine. {Ms. JI^ réd. i et

MÉMOIRES. Li^>i] 271

fisoitpas* pour établir sa sûreté; qu'il espéroit de la trouver clans sa retraite, où il conserveroit les mêmes sentiments qu'il avoit fait paroître tant de fois pour le bien de l'État et pour la gloire du Roi. Le maréchal de Gramont fut surpris et piqué de ce discours^. Il avoit cru entrer en matière avec Monsieur le Prince, et commencer quelque négociation entre la cour et lui ; mais il ne pouvoit pas raisonnablement se plaindre que Monsieur le Prince refusât d'ajouter foi aux paroles qu'il lui venoit porter pour sa sûreté, puisque M. de Lyonne lui avoit confié la résolution qu'on avoit prise chez le comte de Montrésor de l'arrêter une seconde fois. Madame la Princesse, M. le prince de Conti et Mme de Longueville se rendirent à Saint -Maur aussitôt que Monsieur le Prince ; et, dans les premiers jours, cette cour ne fut pas moins remplie ^ de personnes de qualité que celle du Roi. Tous les divertissements même s'y rencontrèrent pour servir à la politique, et les bals, les comédies, le jeu, la chasse, et la bonne chère y attiroient un nombre infini de ces gens incertains* qui s'offrent toujours au commencement des partis^, et qui les trahissent ou les abandonnent d'ordinaire selon leurs craintes ou leurs intérêts. On jugea néanmoins que leur nombre pouvoit rompre les mesures qu'on auroit pu

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