Au discours du Coadjuteur. {Ms. /f, réd. i et
284 MÉxAIOIRES. [i65i]
mais, en même temps, on vint avertir le Premier Président que la grand salle étoit remplie de gens armés, et qu'étant de partis si opposés *, il n'étoit pas possible qu'il n'arrivât quelque grand malheur, si on n'y apportoit un prompt remède^. Alois le Premier Président dit à Monsieur le Prince que la Compagnie lui seroit obligée, s'il lui plaisoit de faire retirer tous ceux quil'avoient suivi; qu'on étoit assemblé pour remédier aux désordres de l'État et non pas pour les augmenter, et que personne ne croiroit^ avoir la liberté entière d'opiner tant qu'on verroit le Palais, qui devoit être l'asile de la justice, servir ainsi de place d'armes. Monsieur le Prince s'ofFrit sans hésiter de faire retirer ses amis, et pria le duc de la Rochefoucauld de les faire sortir sans désordre. En même temps, le Coadjuteur se leva; et, voulant que l'on crût qu'il le falloit traiter d'égal avec Monsieur le Prince en cette rencontre*, il dit qu'il alloit donc de son côté faire la même chose ^, et, sans attendre de réponse, sortit de la grand chambre pour aller parlera ses amis®. Le duc de la Rochefoucauld, indigné ' de ce procédé, marchoit huit ou dix pas derrière
1. Des partis si opposés. {Ms. H, ràd. i et y.) — Dans les anciennes éditions: «et qu'étant {qui étant, 1662-88) piqués dans des intérêts si opposés. »
2. **Si on n'y apportoit promptement du remède. (Ms. //, réd. i.\