A donner la satisfaction. {Ms. II, réd
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ministres, il ne voulut pas prendre la peine de le lui écrire* de sa main à Tlieure même, et différa d'un jour ^ de lui en donner avis : ainsi, au lieu que Croissy % qui lui devoit porter cette dépêche, Teiit pu joindre à Augerville encore incertain du parti qu'il devoit prendre et en état d'entendre à un accommodement, il le trouva arrivé à Bourges*, où les applaudissements des peuples et de la noblesse avoient tellement augmenté ses espérances qu'il crut que tout le Royaume alloit imiter cet exemple et se déclarer pour lui^.
I. *De lui écrire. (3/y. H^ réd. i et 2.) a. * Différa un jour. {jyis. H^ réd. a.)
3. Et qu'ainsi, au lieu que Croissy. {Ms. H, réd. i et z.) — Il s'agit ici de Fouquet de Croissy, conseiller au parlement de Paris, im des plus zélés partisans de Condé, auteur d'un libelle, en forme de lettres contre Mazarin, publié en 1649, sous ce titre : te Courrier du temps ^ apportant ce qui se passe de plus secret en la cour des princes de P Europe : voyez la Bibliographie des Mazarinades^ tome I, p. 247 ^^ 2 481 et le Choix de Mazarinades, tome I, p. 607- 5 14-
4. Selon Guy Joli (tome I, p. 233 et 234), le maréchal de Gramont envoya un courrier à Condé « pour l'avertir de ne se pas éloigner davantage, et il lui expliquoit par une lettre qu'il y avoit encore espérance d'accommodement. Le courrier confondant Augerville avec Angerville {situés^ le premier dans r arrondissement de PithivierSj le second dans P arrondissement d'Etampes), prit le chemin de ce dernier lieu. Ce détour fut cause que S. A. Monsieur le Prince ne reçut la dépêche qu'au moment qu'il alloit partir d'Augerville. Monsieur le Prince, après l'avoir lue, dit à ceux qui étoient auprès de lui que, si elle étoit arrivée un peu plus tôt, elle l'auroit arrêté, mais que, puisqu'il avoil le cul sur la selle, il n'en descendroit pas pour des espérances incertaines. » Retz (tome III, p. 262, éd. Ch.) affirme que le messager avait pour instruction d'arriver trop tard.
5. Le récit, très-succinct, de la Rochefoucauld a besoin d'être complété ici par celui de Retz. Il y eut une entrevue entre Monsieur le Prince et Croissy. Condé fit bon accueil à l'envoyé de la cour, et prêta l'oreille aux propositions fallacieuses que celui-ci lui transmettait. On invitait le Prince à demeurer en paix dans un de ses gouvernements, avec promesse qu'il n'y serait point inquiété.
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Le voyage de Croissy étant donc devenu inutile*, Monsieur le Prince continua le sien, et arriva à Mourond, où Madame la Princesse et Mme de Longueville Vattendoient. Il y demeura un jour pour voir la place, qu'il trouva très-belle' et au meilleur état du monde. Ainsi, toutes choses^ étant disposées* à fortifier ses espérances, et à flatter son nouveau dessein, il ne balança plus ^ à faire la guerre, et^ ce jour-là même il dressa une ample instruction pour traiter avec le roi d'Espagne, où furent compris ses plus particuliers et ses plus considérables amis. M. Lesnet fut choisi pour cette négociation^. Ensuite Monsieur le Prince donna de l'argent à Monsieur son frère et à M. de Nemours, pour faire leurs levées dans les provinces voisines, et les ayant laissés à Mourond avec Mme de Longueville, il y laissa M. de Vi-
jusqu'à la prochaine convocation des états généraux. Retz ajoute (tome III, p. aSy, éd. Ch.) que Coudé était indécis, mais qu'il fut porté à la guerre par ceux de son entourage, et notamment par Mme de Longueville, que le fantôme irrité du duc son mari poursuivait toujours. Voyez aussi Mme de Motteville^ tome III, p. 446.