‹ Œuvres de La Rochefoucauld (volume 3)Chapitre 387 sur 610 · De leurs magistrats. {Ms. H^ réd. i et · texte numérisé non relu

De leurs magistrats. {Ms. H^ réd. i et

5. ** Proche le {du., anc. éd.) château duHà. {Ms. H., réd. i et 2.)

6. « Les factieux, écrit dom Devienne {Histoire de la ville de Bordeaux, tome I, p. 44?) 1 tinrent leurs assemblées sur une plateforme qui étoit du côté de Sainte-Eulalie {entre le fort du Hd et la porte de Sainte-Eulalie)., et qu*on appeloit rOrmée., à cause des ormeaux dont elle étoit plantée. » Les membres de l'Ormée prirent le nom à^Ormistes. Ils eurent une juridiction ou chambre de VOrmière, dont les sentences étaient sans appel. L'Ormée avait en outre un journal , le Courrier Bordelais. Voyez Bernardau : Histoire de Bordeaux, p. 4^2, et V Histoire anecdotique de la Fronde^ par M. Augustin Challamel (i volume in-8°, 1860), p. 186 et suivantes.

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puis le nom * . Le Parlement , de son côté , n'étoit pas moins partagé que le peuple. Ceux de ce corps qui étoient contre la cour s'étoient aussi divisés en deux factions : Tune s'appeloit la grande Fronde, et l'autre la petite Fronde ^ ; et, bien que toutes deux s'accordassent à favoriser les intérêts de Monsieur le Prince, chacune clierchoit avec ardeur de s'établir près de lui, à l'exclusion de l'autre'. Au commencement, l'Ormée avoit été unie avec l'une et l'autre Fronde, et s'en étoit plusieurs fois séparée, selon les divers intérêts qui ont accoutumé de faire agir les gens de cette sorte*, lorsque M. le prince de Conti et Mme de Longueville, s'étant malheureusement divisés, augmentèrent à un tel point le crédit et l'insolence de cette faction pour se l'attacher^, qu'ils avancèrent la perte de leur parti, en désespérant

T. Retinrent depuis ce nom. (Ms. H, réJ. i et 2.) — Dans l'édition de 1662 : « prinrent (sic) enfin ce nom. »

2. Le ms. H (réd. i et 2) et les anciennes éditions ne répètent pas ici le mot Fronde. — A partir de cette phrase , jusqu'à la page 354, ligne 11, le texte des éditions de la première série (1662-1688) offre de très-grandes différences et pour le style et surtout pour l'ordre des idées. Le morceau a été entièrement remanié.

3. «La petite Fronde, dit V. Cousin {ihid.^ p. 263), voulait bien soutenir les droits d'un prince du sang, couvert de gloire, contre l'injustice d'un favori étranger, comme on disait alors, mais en cela même elle croyait servir le Roi. A mesure que les choses marchèrent, sa loyauté conçut des scrupules : elle vit avec peine une flotte espagnole entrer daus la Gironde et des régiments espagnols prendre possession de Bourg. »

4. La fraction de la grande Fronde d'où sortit VOrmee était composée surtout de gens du bas peuple ou de l'infime bourgeoisie; de lu le dédain aristocratique de l'auteur des Maximes.

5. Ce n'étaient pas seulement le prince de Conti et Mme de Longueville qui ménageaient l'Ormée; Coudé lui-même, moins dédaigneux et plus politique que la Rochefoucauld, avait pris le parti de favoriser cette faction puissante et populaire, qui ne laissait pas, malgré ses violences déplorables, d'avoir des adhérents dans les hautes classes de Bordeaux.

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le ParlemoiU et la meilleure partie du peuple, el eu donnant lieu à plusieurs eonjurations et à toutes les autres intelligences de la cour, qui ont enfin soustrait Bourdeaux au parti de Monsieur le Prince.

Je ne parlerai qu'en passant des sujets qui ont causé tant de désordres, et dirai seulement \ sans entrer dans le particulier de beaucoup de choses qui ne se peuvent écrire^, que M. le prince de Conti, s'étant laissé persuader par ses gens, gagnés par le cardinal Mazarin, de rompre ouvertement * avec Mme de Longueville sur des prétextes que la bienséance et Tintérét du sang lui dévoient faire cacher, ils fomentèrent, en haine l'un de l'autre, la fureur de l'Ormée, et sacrifièrent, en tant de rencontres, les plus grands avantages du parti à leurs passions et à leur aigreur particulière, qu'au lieu d'établir leur autorité, et de se rendre par là nécessaires à Monsieur le Prince, comme chacun d'eux en avoit le dessein, ils donnèrent cours aux désordres et aux séditions du peuple, qui furent si près de les envelopper, et qui les réduisirent enfin à la nécessité d'abandonner Monsieur le Prince et de recevoir * toutes les conditions que le Cardinal voulut^ leur imposer.

Le duc de la Rochefoucauld, qui étoit persuadé, par plusieurs expériences, que leur commune grandeur dépendoit de leur union, s'étoit trouvé plus en état que

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