Où étoit aussi. {Ms, H^ réd. i
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qiiis de Lévy avolt un passc-porl du comte d'IIarcourt, pour se retirer chez lui en Auvergne, avec son train, Monsieur le Prince et ceux qui Taccompagnoient passèrent, à la suite du marquis de Lévy, pour les mêmes domestiques dont les noms étoient écrits dans son passeport ' . Ce qu'il y eut de plus rude dans ce voyage fut l'extraordinaire diligence avec laquelle on marcha jour et nuit, presque toujours sur les mêmes chevaux, et sans demeurer jamais deux heures en même lieu. On logea chez deux ou trois gentilshommes, amis du marquis de Lévy, pour se reposer quelques heures, et pour acheter des chevaux; mais ces hôtes soupçonnoient si peu Monsieur le Prince d'être ce qu'il étoit, que, dans la gaieté du dîner, on parla assez librement de ses proches pour lui faire juger qu'on ne le connoissoit pas ^. Enfin, après avoir pris son chemin par le vicomte de Turenne et par Charlus en Auvergne', il arriva, le samedi au soir, au Bec d'Ailler*, à deux lieues de la Charité, où il passa la rivière de Loire, sans aucun empêchement^, bien
1. Monsieur le Prince voyageait sons le nom de ta Motheville^ et le duc de la Rochefoucauld sous celui de Beaupré.
2. Cela se passa chez un gentilhomme périgourdin, qui tint, à ce qu'il paraît, des propos fort indiscrets sur la liaison de Mme de Longueville avec la Rochefoucauld. Voyez Guy Joli y tome II, p. I et 2. — L'incident est présenté en d'autres termes dans le ms. H (réd, i et i) : « Que, dans un de ces repas où l'on dit d'ordinaire ses sentiments avec plus de sincérité qu'ailleurs, il put apprendre des nouvelles de ses proches qu'il avoit peut-être ignorées jusqu'alors. »
3. Forteresse peu éloignée des frontières du Limousin. [Dictionnaire géograpJiique de Th. Corneille.)
4- Nous reproduisons l'orthographe du manuscrit D. — û: Dans un village, dit Gourville (p. 269), sur le bord de la Loire (un peu plus bas que la rivière d'Allier tombe dans celle-ci), que l'on appelle le Bec d'Allier » (Cher).
5. Bussy Rabutin (voyez la note suivante) réfute avec humeur, dans ses Mémoires (tome I, p. 264 ^t 265), ce passage de la Roche-
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qu'il y eût deux compagnies de cavalerie dans la Charité, commandées par Bussi Rabutin^ Il dépêcha, de la Cha-
foucauld, où il voit un blâme à son adresse : « Il {la Rochefoucauld') rapporte, dit-il , que le prince de Condé , accompagné de lui, de son fils Marcillac et quatre autres, passa aux portes de la Charité, quoique j'y fusse avec deux compagnies de cavalerie; et, voulant faire valoir la hardiesse de ce passage, il semble qu'il veuille en quelque façon blâmer ma vigilance. Mais il faut savoir premièrement, que le Prince avoit passé la Loire entre Nevers et la Charité, à un bac où il n'y avoit point de gardes ; car on ne devinoit pas qu'il y dût passer, et l'on ne garde dans une guerre civile que les ponts des lieux fermés : de sorte que le Prince passant la nuit aux portes de la Charité, il n'y avoit ni hasard pour sa personne, ni, dans la hardiesse de cette entreprise, tout l'honneur que le duc de la Rochefoucauld en prétend tirer; de plus, je n'avois pas un homme de cavalerie dans la Charité, et moi-même j'étois en Puisaye dans le temps que le Prince passa. »
I. Roger de Rabutin, comte de Bussy, dont nous venons de citer les Mémoires^ était cousin germain de Mme de Sévigné; né en 1618, il mourut en 1693. Après avoir pris parti pour la première Fronde, il servait la cause royale contre la seconde. — Gourville nous a conservé, dans ses Mémoires (p. 264 et suivantes), le détail de ce voyage, où le fils de notre auteur, le prince de Marcillac, donna bien de l'embarras, <r et à moi, dit-il, beaucoup de peine à cause de sa jeunesse. » Le lundi, comme on arrivait à Cahusac, maison de la Rochefoucauld, Gourville, qui allait en avant, trouva des soldats et ne put que rapporter à la petite troupe des œufs, du fromage et du vin. Le mercredi, on rencontra un paysan, qui reconnut Monsieur le Prince et le nomma ; on déconcerta cet homme en se moquant de lui et en lui soutenant qu'il se trompait. Le même jour, le jeune Marcillac eut une défaillance, qui embarrassa beaucoup, et l'on dut faire l'achat de deux chevaux, dont l'un fut reconnu pour avoir été enlevé depuis peu à l'écurie de Verteuil. Le lendemain enfin. Ion s'arrêta dans un château de M. de Lévis, « où, dit Gourville (p. 258 et 259), la plupart de ces Messieurs, pour la première fois depuis le départ, se mirent entre deux draps. M. de la Rochefoucauld ayant eu une première atteinte de goutte, qui le prit assez rudement, je lui fis faire, toute la nuit, un gros bas qui sfe boutonnoit par les côtés, dont il se trouva fort soulagé pendant le reste du voyage. » Ce fut « le vendredi sur les quatre heures {de r après -midi), » suivant Gourville, et non le samedi, comme le dit la Rochefoucauld,
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rité\ Gourvillc à Paris*, pour avertir M. le duc d'Orléans* et M. de Chavi«;ny de sa marche. Il passa le jour de Pâques dans Cosne*,où Ton faisoit garde, et, comme la cour étoit alors* à Gien, il dit partout qu'il alloit avec ses compaji^nons servir son quartier auprès du Roi. Néanmoins, jugeant bien qu'il ne pouvoit suivre longtemps le grand chemin de hi cour sans être connu, il résolut *^ de le quitter pour prendre celui deChâtillon sur Loing^. Il pensa même avoir sujet de se repentir de ne l'avoir pas fait plus tôt, parce qu'ayant rencontré ^ deux courriers qui venoient^ de la cour, il y en eut un qui reconnut le comte de Guitaut; et, bien qu'il ne s'arrêtât pas pour lui parler, il parut assez d'émotion sur son visage *** pour faire juger qu'il soupçonnoit que Monsieur le Prince étoit dans la troupe**. Il s'en éclaircit bientôt après; car, ayant rencontré le valet de chambre de Monsieur le
que l'on arriva au Bec d'Allier. Le matin de ce jour, le petit Marcillac avait pensé se noyer en traversant un marais.
I . Une des anciennes copies que nous avons collationnées substitue le Bec d'Allier à la Charité et ajoute quelques mots, dans
l'intention, ce semble, de justifier Bussy : « par Bussy Rabutin,
lieutenant de Roi dans cette province, qui seul pouvoit lui en donner, étant parti, deux jours auparavant, pour quelque désordre qui étoit arrivé du côté de Saint-Fargeau. Du Bec d'Allier le prince de Condé dépeclia Gourville. )i
a. Gourville, qui avait, comme il dit (p. 260), ordre de brûler la poste, arriva à Paris, à l'iiôtel de Chavigny, à cinq heures du matin ; il revint le 6 avril auprès de Monsieur le Prince.