Qui étoit composée. {Ms. H, réd. i et
-MÉMOIRES. [i6')'2] 38;
et travcrst'O par tant de cahalos*, mais encore qui étoit conduite* par Monsieur le Prince d'une part et par le cardinal Mazarin de Tautre. Bien qu'ils aient des qualités directement opposées, ils ne laissoient pas de convenir alors en la manière de traiter cette affaire ; aucun d'eux n'avoit de prétentions limitées : lorsqu'on leur accordoit ce qu'ils demandoient, ils croyoient toujours en pouvoir obtenir davantage, et les moindres changements dans les affaires changeoient tellement leurs prétentions, que, la balance ne pouvant demeurer assez longtemps égale, ils ne trouvèrent jamais le moment de résoudre un traité et de le conclure^.
D'autres obstacles se joignirent encore à ceux-ci. L'intérêt du cardinal de Retz étoit d'empêcher la paix'*,
I . ** Et retardée par tant de cabales opposées, qui la vouloient rompre. [Ms. H, réd. i et 7.)
a. **Mais qui, par-dessus cela (tout cela, anc. éd.), étoit conduite. {Ms. H, réd. I.)
3 Mazarin de l'autre, lesquels, pour avoir tant de qualités
directement opposées, ne laissoient pas, dans la conjoncture présente, de convenir en la manière de traiter cette affaire l'un et l'autre sans y avoir de prétention limitée : ce qui fît que, lorsque l'on leur accordoit ce qu'ils demandent, ils croient toujours en pouvoir obtenir davantage, et se persuadoient tellement que tout étoit possible à leur bonne fortune, que la balance ne peut jamais être assez égale ni demeurer assez longtemps en cet état pour leur donner loisir de résoudre un traité et de le conclure. (Ms. H, réd. 2.) — .... Mazarin de l'autre, lesquels, pour avoir plusieurs qualités directement opposées, ne laissoient pas de convenir en quelques-unes et particulièrement en celle-là, de traiter les plus grandes affaires sans y avoir de prétention limitée, ce qui fait que, lorsque l'on leur a accordé ce qu'ils demandent, ils croient toujours et se persuadent tellement que tout est dii à leur bonne fortune, que la balance ne peut jamais être assez égale entre eux, ni demeurer assez longtemps en cet état-là pour, etc. (Ms. H., réd. i.) — Il y a dans la seconde rédaction quelques temps de verbes que le correcteur a oublié de cbanger. 4. Voyez les Mémoires de Retz (tome IV, p. 17 et suivantes, éd. Ch.), et son pamphlet, un peu postérieur à ces événements, in-
388 MÉMOIRES. [i652]
parce qu'étant faite sans sa participation, et M. le duc d'Orléans et Monsieur le Prince étant unis avec la cour, il demeuroit* exposé et sans protection. D'ailleurs M. de Cliavigny, en suite du mauvais succès de sa négociation, et piqué contre la cour et contre Monsieur le Prince, aimoit mieux que la paix se rompît que de la voir faire par d'autres voies que la sienne. Je ne puis dire si cette conformité d'intérêts, qui se rencontra alors entre M. le cardinal de Retz et M. de Cliavigny, les fît agir de concert pour empêcher le traité de Monsieur le Prince, ou si l'un des deux fit agir M. le duc d'Orléans; mais j'ai su depuis, par une personne que je dois croire, que, dans le temps que Gourville étoit à Saint-Germain, Monsieur manda au cardinal Mazarin, par le duc d'Anville ^, qu'il ne conclût rien avec Monsieur le Prince; que Monsieur vouloit avoir, vers la cour, le mérite de la paix, et qu'il étoit prêt d'aller trouver le Roi, et de donner par là un exemple qui seroit suivi du peuple et du parlement de Paris. Cette proposition étoit trop avantageuse au Cardinal pour n'être pas écoutée préférablement à toutes les autres. De moindres espérances l'auroient empêché de conclure la paix, quand même il l'auroit sincèrement désirée, et quand il n'auroit pas eu le dessein de se servir des négociations comme d'un piège, pour surprendre ses ennemis. Les choses ' furent si brouillées et si éloi-
titulë : te Vraisemblable sur la conduite de Mgr le cardinal de Retz , 4 juillet 1662 {Choix de Mazarinades, tome II, p. 386 et suivantes).