I. Voyez les Mémoires, j). G
son ancien ministre remportèrent sur le nouveau, en ce qui touclioit le rappel et le rétablissement de quelquesuns de ceux qu'on avoit bannis et privés de leurs charges, ce fut si manifestement sans y avoir fait de réflexion, qu'à peine y avoit-elle acquiescé qu'elle s'en repentit * .
Il est vrai qu'avec tout cela je fus le dernier à qui elle ôta l'espérance; et quoique, à bien prendre les choses, on put véritablement dire que je n'étois de rien, elle disoit encore à ceux qui gouvernoient qu'il n'y avoit rien dont je ne pusse être^. Mon zèle et ma générosité étoient les modèles qu'elle leur proposoit, et voulant que le Cardinal et moi fissions amitié ^, elle voulut encore que j'en fisse les lois, et qu'il s'y soumît comme à une épreuve infaillible de la pureté de ses intentions. Je me joignis donc à lui, avec dessein de ne le quitter de ma vie, s'il ne se départoit de ses véritables devoirs, ou s'il n'essayoit de me faire départir des miens. Je ne craignis point d'en faire ma déclaration à ceux de qui je croyois être le plus aimé, bien que ce fussent ceux-là mêmes auxquels il étoit le plus odieux. Nous eûmes sur ce sujet des contestations, et fort obstinées et fort inutiles ; si je ne pus les faire entrer dans mon sentiment, ils ne me firent point aussi entrer dans le leur*. Ce n'est pas que leur aversion n'eût pour fondement l'opinion qu'ils avoient de son impuissance à se porter au bien, et les événements n'ont que trop souvent répondu à leurs
1. Notamment en ce qui concerne Mme de Chevreuse : voyez les Mémoires^ p. 78 et 79.