‹ Œuvres de La Rochefoucauld (volume 3)Chapitre 5 sur 610 · Voyez ci-après, les Mémoires^ p. 35o · texte numérisé non relu

Voyez ci-après, les Mémoires^ p. 35o

3. Voyez la Jeunesse de Madame de Longueville. p. 3o et suivantes, et Madame de Sablé^ i854, p- 203-209. V. Cousin (p. 2o3 de ce dernier ouvrage) atténue cependant la vivacité de ses reproches, quand, après avoir dit : « C'était la première fois qu'on osait ainsi prévenir la postérité et mettre à nu ses contemporains à leurs propres yeux, » il ajoute : « Il est même à croire que la Rochefoucauld ne forma pas véritablement ce dessein, et qu'on imprima ses Mémoires malgré lui ou à son insu — »

4. Voyez, au tome III, une lettre delà Rochefoucauld à Mme de Sablé, en date du 21 juin [1662].

NOTICE. xni

En tout cas, l'apparition des Mémoires en 1662 souleva une véritable tempête. Le duc de Saint-Simon, père de l'auteur des Mémoires^ donna un libre cours à sa colère; il courut chez le libraire, « qu'il découvrit, parce que cet ouvrage ne se débitoit pas publiquement dans cette première nouveauté, » et, s'étant fait montrer les exemplaires, il les orna tous, au passage qui le concernait*, de cette glose brutale : « L'auteur en a menti ^. » Le prince de Condé menaça; Mme de Longueville, alors retirée du monde, ne fit point d'éclat, se bornant à épancher son chagrin dans le cœur de quelques amis; mais « les honnêtes gens » prirent chaleureusement fait et cause pour la belle pénitente contre l'écrivain discourtois. La Rochefoucauld répondit à ce déchaînement de colères en reniant purement et simplement le livre imprimé sous son nom. Voici, d'après une copie authentique^, la teneur exacte de ce désaveu, dont tous les termes appellent l'attention, et qui fut déposé par l'auteur entre les mains de Mme de Sablé :

« Les deux tiers de l'écrit qu'on m'a montré et que l'on dit qui court sous mon nom ne sont point de moi, et je n'y ai nulle part ; l'autre tiers, qui est vers la fin, est tellement changé et falsifié dans toutes ses parties et dans le sens, l'ordre et les termes, qu'il n'y a presque rien qui soit conforme à ce que j'ai écrit sur ce sujet-là. C'est pourquoi je le désavoue, comme une chose qui a été supposée par mes ennemis ou par la friponnerie de ceux qui vendent toute sorte de manuscrits sous quelque nom que ce puisse être.

« Mme la marquise de Sablé, M. de Liancourt et M. Esprit ont vu ce que j'ai écrit pour moi seul ; ils savent qu'il est entièrement différent de celui qui a couru, et qu'il n'y a rien

Page 1