Que la reine de France. (Ihidem
MÉMOIRES. [1627-1628] i*?
de sa jalousie, et qu'elle ne fût capable de les remettre entre les mains du Cardinal pour perdre la Reine. Dans cette extrémité, il dépécha à Tinstant même un ordre de fermer tous * les ports d'Angleterre, et défendit que personne n'en sortît, sous quelque prétexte que ce pût être, devant un temps qu'il marqua; cependant il fit refaire en diligence des ferrets semblables à ceux qu'on lui avoit pris, et les envoya à la Reine, en lui rendant compte de ce qui étoit arrivé. Cette précaution de fermer les ports retint la comtesse de Carlille, et elle vit bien que le duc de Bouquinquan avoit eu tout le temps dont il avoit besoin pour prévenir sa méchanceté. La Reine évita de cette sorte la vengeance de cette femme irritée, et le Cardinal perdit un moyen assuré de convaincre la Reine et d'éclaircir le Roi de tous ses doutes, puisque les ferrets venoient de lui et qu'il les avoit donnés à la Reine *.
Le Cardinal song^eoit alors à former le dessein de détruire le parti des huguenots et à faire ^ le siège de la Rochelle. Cette guerre a été si amplement décrite, qu'il seroit inutile d'en dire ici les particularités ; on sait assez que le duc de Bouquinquan vint avec une puissante flotte pour secourir la Rochelle, qu'il attaqua l'île de Ré sans la prendre, et qu'il se retira après un succès malheureux; mais tout le monde ne sait pas que le Cardinal accusa la Reine d'avoir concerté cette entreprise avec le duc de Bouquinquan, pour faire la paix des hu-