Voyez ci-dessus, p. 80, note
8. Ces mots : « pour son élévation au cardinalat », manquent dans les éditions de 1688-1754.
APPENDICE \UX MÉMOIRES. Soi
Pour M. le tluc irEnghlen, il satistaisolt à sou ambition par le gouvernement de Champagne et de Stenay, et par le conimandemont des armées qu'il lui procuroit : joint que le Cardinal étant étranger, sans parents, sans ('tablissement, d'une nature asse/i douce, il étoit moins appréhendé ; et les Princes, inappliqués' aux affaires, s'en déchargeoient sans envie sur lui.
Or, comme il prévoyoit que la liaison des Princes et de leur autorité affoihliroit celle de la Reine, il jetoit adroitement dans leurs esprits des soupçons de jalousie et de défiance l'un de l'autre, lesquels il disslpoit à propos, de crainte qu'ils ne vinssent à une rupture : ainsi, étant l'auteur de leurs différends, il lui étoit aisé d'être l'arbitre de leur réconciliation, et même de s'en attirer le mérite. Pour les autres grands du Royaume, comme ils étoient sans pouvoir, leur bonne ou mauvaise volonté n'étoit pas regardée. Telle étoit l'assiette de la cour, lorsque des événements, rompant cette union si nécessaire à l'État, lui causèrent des maux trèsfunestes. .
Avant que de les dire, je remarquerai la mort du prince de Condé*, arrivée à la veille de ces mouvements, d'autant plus considérable que l'opinion publique est que, s'il eût vécu, il les auroit prévenus par sa prudence et son autorité, qui donnoit de la retenue aux ministres, et à laquelle le Parlement auroit déféré. L'union de ces puissances étoit un gage si solide de la tranquillité du Royaume, qu'elle donnoit trop de confiance aux ministres, et ne retenoit point Émery% surintendant des finances, de faire de grandes levées de deniers. Or, comme cette conduite, quoique colorée de la guerre étrangère et de la défense de l'État, avoit été introduite durant le ministère du cardinal de Richelieu, et qu'elle n'en étoit qu'une suite, il ne sera pas inutile d'en parler.
Ce ministre ^ dont la politique absolue avoit violé les anciennes lois du Royaume pour établir l'autorité immodérée de son maître, dont il étoit le dispensateur", avoit considéré tous les règlements de cet État comme des concessions forcées et des bornes Imposées à la puissance des rois, plutôt que des^ fondements solides pour bien
1. Moins appliqués. (1662B-1838.) — L'édition originale, que nous désignons par 1662 A, porte, « moins inappliqués ».