Dune entière. {Ibidem
4. Le prince de Conti, qui n'avoit point encore déclaré sa prétention au cardinalat , ou que la cour y destinoit par une promotion extraordinaire, plus honorable a sa naissance, supplie le Roi de le nommer pour la pre-
Cardinal, déteste son ingratitude, et oblige M. le duc d'Orléans à ne plus parler à lui. Or, comme il ne pensoit* qu'aux moyens de rompre la nomination du prince de Conti, il tente celui de Monsieur le Prince, et lui fait proposer par VineuiP qu'en cas qu'il ôte à Monsieur son frère l'envie du chapeau, que Son Altesse Royale lui procurera tel gouvernement qu'il voudra. Il rëpond à Vineuil qu'il a assez de biens et d'établissements^ pour se les conserver * par ses services et par sa fidélité ; que, s'il en avoit davantage, il deviendroit justement suspect au Roi, qui n'auroit point d'autre objet que de le détruire lorsqu'il seroit grand ; et que sa fortune est dans im état qu'il n'a besoin que de la modération dans ses désirs. Ces paroles si vertueuses m'ont semblé dignes d'être rapportées, pour faire voir combien l'homme est différent de lui-même, et que son assiette est sujette au changement.
Durant cette division, le Roi revint^ de Saint-Germain à Paris**, où M. le duc d'Orléans donnoit des marques continuelles de son aigreur contre le Cardinal ' : il alloit fort peu au Palais-Royal, on ne prenoit aucune résolution au Conseil, tous les mécontents se rallioient à lui, il écoutoit les frondeurs du Parlement; enfin, il falloit que ces brouilleries se terminassent par un dernier éclat ou par un accommodement. Le maréchal d'Estrées^ et Seneterre®, personnes de créance auprès des uns et des autres, se mêloient de l'accord'". Ils représentoient au duc d'Orléans que cette mésintelligence ne peut plus durer entre la Reine et lui sans perdre l'Etat, que la cause en est odieuse pour Son Altesse Royale, que Monsieur
mière'^. On ne lui peut refuser cette grâce, et, comme la Rivière est trop foible pour disjiuter la préférence à ce prince, il s'en prend. (1689- 17 54-)