Les deux commissaires
occasions favorables, une division clans le Parlement, une mutation dans les peuples, la majorité du Roi, bref le bénéfice* du temps, qui ne peut manquer à celui qui dispose absolument de la puissance royale; partant il falloit se prévaloir des conjonctures présentes pour se défaire d'un adversaire aussi dangereux ; que M. le duc d'Orléans étoit modéré et trop éclairé des affaires* du monde pour s'opposer à un concours universel; que Monsieur le Prince fera réflexion que le véritable asile des princes du sang, de sa réputation contre la jalousie des favoris, doit être dans la bienveillance ^ publique : si bien que tout au plus, pour complaire à la Reine, ils paroîtront le défendre, mais avec foiblesse et retenue ; qu'enfin il faut considérer que la déclaration, qui n'a été extorquée que par l'impuissance de la cour, et qui n'aura lieu qu'autant qu'elle durera "*, n'est pas une amnistie ^ sincère dans le cœur de la Reine et du Cardinal, mais une nécessité attendant le moment de se venger^. Ceux qui répandoient ces discours dans le Parlement, et les plus déclarés contre la cour, étoient, après Broussel et Longueil, le président de Novion et Blasmenil, ennemis du Cardinal, à cause de la disgrâce de l'évêque de Beauvais', leur oncle, et pour le refus qu'on avoit fait de la coadjutorerie de cet évêcbé à leur cousin; et Viole, offensé du manquement à la parole qu'il avoit eue d'être chancelier de la Reine"; mais le personnage, en ce temps-là, qui, par l'entremise ® de ses amis dans le Parlement et de ses émissaires dans le peuple, travailloit avec plus de fruit pour former un parti de leur union, étoit le coadjuteur de Paris. Cet homme, ayant joint à plusieurs belles qualités naturelles et acquises des défauts que la corruption des esprits fait passer pour vertus *", étoit entaché'*