‹ Œuvres de La Rochefoucauld (volume 3)Chapitre 578 sur 610 · Voyez ci-dessus, p. 117, note · texte numérisé non relu

Voyez ci-dessus, p. 117, note

532 APPENDICE AUX MExMOIRES.

des frayeurs extraordinaires qui furent aussitôt dissipées par son retour de Charenton, fulminant contre eux, et animé ' avec plus d'ardeur en cette querelle pour se venger de ses proches, qu'il croyoit devoir dépendre absolument de ses volontés. L'on dit que, dans cet entre-temps*, le Cardinal résolut de quitter la France, ne croyant pas se pouvoir conserver au milieu de toutes ces tempêtes, destitué de son appui ; mais que Monsieur le Prince le rassura, et donna sa parole à la Reine de périr, ou qu'il le ramèneroit à Paris triomphant de tous ses ennemis. Cependant le parti de cette ville se grossissoit^ par la déclaration d'un prince du sang, dont la qualité a de grandes suites dans le Royaume, et d'un autre prince quasi absolu dans son gouvernement de Normandie*. Le maréchal de la Mothe s'étoit rendu aussi considérable dans les armées; mais le duc de Bouillon l'étoit sans comparaison davantage^ par l'intelligence qu'il avoit des affaires du monde, et par l'étroite liaison avec son frère le maréchal de Turenne, lequel commandant en ce temps-là l'armée d'Allemagne, l'on pouvoit présumer qu'il sacrifieroit son devoir au rétablissement de sa maison, et à quelque mauvaise satisfaction qu'il avoit du Cardinal®. En effet. Monsieur le Prince, qui tenoit ces deux frères pour ses amis, écrivit au duc de Bouillon qu'il appréhendoit que la retraite du prince de Conti et de M. de Longueville ne passât dans son esprit pour avoir été concertée avec lui, mais qu'il avoit voulu l'en désabuser, et le conjuroit de revenir à Saint-Germain, où il lui procureroit toute satisfaction à ses intérêts. M. de Bouillon fit lire cette lettre en Parlement. Les ministres étant informés de la mauvaise volonté de M. de Turenne, le Roi et Monsieur le Prince, qui avoit grande créance parmi les troupes allemandes, écrivirent aux colonels de ne le plus reconnoître, et de l'abandonner, ainsi qu'il succéda, qui fut' le salut de la cour. En ce même temps, le duc de Beaufort arriva à Paris. Il avoit erré dans les provinces de Loire", depuis son évasion de Vincennes, et trouvant^ cette occasion favorable pour se rétablir dans le monde, il étoit venu offrir son service au Parlement, qui le purgea de l'accusation d'avoir conspiré contre la vie du cardinal Mazarin, le reçut pair de France et le fit un de ses gén('raux. Or, quoique

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