Mais envoyer
11. « MM. Talon, Méliand et Bignon. » [Note de Védition de 1688.)
le Parlement, ni la Yille n'étant ni l'un ni l'autre, il supplioit * Sa Majesté de lui faire savoir sa volonté ^ de sa propre bouche. Les gens du Roi furent fort bien reçus de la Reine, qui leur dit qu'elle étoit satisfaite de leurs excuses et soumissions, et que lorsque le Parlement se mettroit en son devoir, qu'il' éprouveroit les effets de sa bienveillance, et que les personnes et les fortunes de tous les particuliers, sans en excepter un seul, y trouveroient leurs sûretés. M. le duc d'Orléans et Monsieur le Prince leur donnèrent ces mêmes assurances. Ce ravisement "* si prompt de la cour étoit causé par plusieurs raisons essentielles; car, outre la constance des Parisiens, la difficulté de ftiire des levées d'hommes et d'argent, la débauche ^ de la Guyenne, de la Provence et de la Normandie, de plusieurs villes qui suivoient le Parlement, comme Poitiers, Tours, Angers et le Mans, il y avoit encore un plus pressant motif qu'il faut savoir.
Le prince de Conti , voyant que l'armée d'Allemagne s'étoit tournée, au passage du Rhin pour venir eu France, contre M. de Turenne, et que son parti ne pourroit subsister sans un puissant secours étranger^, avoit envoyé le marquis de Noirmoustier et Laigues vers l'Archiduc, le convier de se joindre avec ses forces' au parti de Paris, pour contraindre les ministres de faire la paix générale. Les Espagnols n'avoient garde de manquer à une occasion si favorable pour fomenter nos divisions et en tirer avantage, ou par un traité, ou dans le progrès de la guerre. Pour cet effet, l'Archiduc députa un homme au Parlement^, qui y fut ouï après avoir donné sa lettre de créance^, non sans quelque tache de ce corps, s'il n'étoit excusable sur la nécessité de sa défense. Il y exposa, dans son audience, la jonction du roi catholique à cette compagnie pour la paix générale, qui seroit le seul objet de l'entrée de ses forces en France, et non pas pour profiter de la foiblesse des frontières, et qu'il trouvoit''* plus de sûreté pour la traiter ^" avec le Parlement qu'avec le Cardinal qui l'avoit rompue, et qui s'étoit déclaré en-
I. Ils supplioient. (1662-1838.) — 2. Ses volontés. {Ibidem.)