c'est-à-dire INIazarin
8. « C'est que le Cardinal avoit voulu faire épouser Mlle d'Angoulême au •eaae Mancini, son neveu, qui ne pouvoit pas faire comparaison de naissance
qui étoit alors à contre-temps, de sorte que leurs cœurs étant ulcérés, les soupçons, les défiances, les rapports, dont les courtisans ne sont guère avares dans les brouilleries du cabinet, les envenimoient ' davantage, et leur faisoient naître des sentiments de se venger fort différents; car Monsieur le Prince se satisfaisoit par des mépris qui sont très-souvent impuissants ; le Cardinal avec un silence profond faisoit ses préparatifs'^, et jotoit les fondements de sa perte. Tous les deux pourtant conservoient toujours les mêmes apparences avec bien peu^ de froideur; mais cette aliénation avoit encore pris son origine par une communication étroite et assidue qu'ils avoient eue ensemble pendant la guerre, où, comme c'est assez l'ordinaire qu'on diminue * d'estime dans la familiarité, qui nous fait voir tous entiers et sans réserve , principalement dans l'excès* de la bonne ou de la mauvaise fortune, le Prince en avoit beaucoup perdu pour le Cardinal ®, et n'étant plus retenu par la crainte de la puissance ébranlée, il se réjouissoit de ses défauts avec M. le duc d'Orléans et les confidents du Cardinal.
Ceux-ci, avec peu de fidélité pour tous les deux, après avoir fait leur cour à Monsieur le Prince, rendoient compte au Cardinal de ses railleries sanglantes dont le souvenir donne de mortels aiguillons à la vengeance, et ne s'efface jamais de la mémoire. D'autre part, le Cardinal avoit découvert qu'il ne pouvoit faire un fondement solide sur l'amitié de Monsieur le Prince, qui étoit plutôt gouverné par ses caprices que par la raison et par ses intérêts, et que celte humeur méprisante, au lieu de s'arrêter, augmenteroit avec le temps: si bien que, ne pouvant se l'acquérir, il méditoit de le perdre. Ajoutez à cela que, la concorde et la puissance étant incompatibles en un même lieu, le Cardinal ne pouvoit souffrir à la cour un supérieur, ni Monsieur le Prince une personne qui lui fût égale. Mais ce qui acheva de ruiner entièrement leur liaison fut que le
avec M. de Joyeuse. » {IVote de Sédition de 1688.) — Avant la guerre de Paris, il y avait eu une « négociation secrète, dit Mme de Motteville (tome III, p. i5i), entre le cai-dinal Mazarin et le duc de Longuoville, par où le ministre avoit fait espérer à ce prince le Havre-de-Grâce, moyennant qu'il fît en sorte avec le prince deCondé, son beau-frère, que Mlle d'Alais, fille du duc d'AngoulêmCj sa cousine germaine, épousât son neveu Mancini [voj'ez ci-dessus, p. 223, noie i); mais que le prince de Condé, ne voulant point manquer de parole au duc de Joyeuse (Louis), h qui il avoit promis Mlle d'Alais, rompit ce traité.... » I. Les animoient. (i662-i838.) — 2. Les préparatifs. [Ibidem.)