Entre. [Ibidem
çl'une manière qui avoit efface l'envie que lui pouvoit donner sa haute réputation, par des déférences et des respects extraordinaires*, en lui laissant les marques extérieures du commandement : joint que l'abbé de la Rivière, à qui il avoit promis que le prince de Conti ne traverseroit point sa nomination, étoit im garant certain de Tesprit de son maître. 3Ionsieur le Prince partit, avec cette mésintelligence'*, de Compiègnepour aller à son gouvernement. Le Cardinal lui fut dire adieu, fort accompagné, comme s'il eut douté de confier sa vie à celui qui avoit hasardé la sienne pour la lui conserver'. Ainsi les liaisons et les amitiés de la cour sont fragiles, et le moindre accident les expose à de grands changements. En partant, il pria le commandeur de Souvré ', le Tellier, et d'autres confidents du Cardinal, et il chargea Marcehille •*, son domestique, de lui dire qu'il ne pouvoit être de ses amis s'il pensoit à ce mariage. Le Cardinal, piqué de se voir contraint de manifester au monde une dépendance si soumise, et que la volonté de Monsieur le Prince lui ® fût une règle à laquelle il dût conformer tous ses intérêts, s'en défendoit avec assez de véhémence, et alléguant qu'ayant donné part de cette alliance, approuvée de la Reine et de Son Altesse Royale', à Rome et à tous les princes d'Italie, il ne pouvoit s'en désister sans se couvrir de confusion : de sorte que, balançant entre l'honneur du monde et la crainte de ÎMonsieur le Prince, il ne pouvoit se résoudre à rompre ni à conclure ce mariage ; mais, suivant le génie de la nation*, qui domine beaucoup en lui, il attendoit le bénéfice du temps.
Cependant il falloit mettre en campagne, pour effacer l'infamie de nos guerres civiles et relever la réputation de nos affaires. L'on mit sur pied une puissante armée, composée des troupes d'Allemagne, où la paix venoit d'être faite ^, dont le comte d'Harcourt***
1. Des respects particuliers, (i 662-1 838.) — Rapprochez d'un passage des Mémoires de la Rockejbucauld, ci-dessus, p. l34.