Avec beaucoup de bonté, de marques d'estime
5. Marie de Hautefort, fille du marquis Charles de Hautefort, et de Renée de Bellay, de la maison de la Flotte Hauterive. Elle fut reçue en 1628, dès l'âge de douze ans, parmi les filles d'honneur de Marie de Médicis. Mme de Motteville, qui fait son portrait au tome I de ses Mémoires (p. 40), dit (p. 49) qu'après la journée des Dupes, Louis XIII fit présent à Anne d'Autriche de Mlle de Hautefort, « qu'il avait ôtée à la Reine sa mère, et de Mme de la Flotte sa grand'mère pour dame d'atour. Quelque temps après, il donna à cette belle personne la survivance de cette charge, afiji qu'elle pût avoir le titre de dame. » Deux fois disgraciée, en 1640 et en i644i elle épousa, en 164^5 Charles de Schomberg, duc d'Halluin, pair et maréchal de France. Elle mourut en 1691. Voyez, Madame de Hautefort ^ par V. Cousin. — Les «'ditions antérieures écrivent d^J/autcfort, qui est aussi l'orlhographe du nom dans le registre des mariages de l'église Saint-Sulpicc pour l'année 1G46. La nôtre est celle du manuscrit D.
MÉMOIRES. [ï633-i635] ai
jeune et d'une beauté surprenante : elle avoît be»iucoup de vertu et de fidélité pour ses amis ; elle étoit particulièrement attachée à la Reine et ennemie du Cardinal. Le Roi avoit paru amoureux d'elle, presque aussitôt qu'elle étoit sortie de renfance ; mais, comme cet amour ne rcssembloit pas à cehii des autres hommes, \à vertu de cette jeune personne ne fut jamais attaquée ^ . Elle acquit plus de réputation que de bien dans le cours de cette galanterie, et le Roi lui témoignoit plus de passion par de longues et pénibles assiduités et par sa jalousie, que par les grâces qu'il lui faisoit. Elle me parloit de tous ses intérêts et de tous ses sentiments avec une confiance entière , bien que je fusse fort jeune; et elle obligea^ la Reine à me dire toutes choses sans réserve. Mlle de Chemerault, fille de la Reine ', étoit fort jeune et d'une beauté admirable ; les agréments de son esprit ne plaisoient pas moins que sa beauté; elle étoit gaie, vive, moqueuse, mais sa raillerie étoit toujours fine et délicate. La Reine l'aimoit; elle étoit amie particulière de Mlle de Hautefort et la mienne, et elle contribuoit encore à notre liaison *. De moindres
1. Sur ces platoniques amours de Louis XIII, voyez les Mémoi» res de Montglat (tome I, p. 238), qui dit de même : « L'amour du Roin'étoitpas comme celui des autres hommes; » ceux de Mademoiselle^ tome I, p. 39-41, et de Mmede Mot tevllle, tome I, p, 40 et 4^.
2. Bien que je fusse fort jeune; elle obligea. (1817, 26, 38.)
3. Françoise de Barbezière, demoiselle de Chemerault, épousa en 1644 Macé Bertrand, seigneur de la Bazinière, trésorier de l'Epargne. Tallemant des Réaux (tome IV, p. 429) dit qu'on l'appelait la belle Gueuse.
4. Mieux informé, la Rochefoucauld eût ajouté à sa peinture quelques traits moins flatteurs. Mlle de Chemerault avait été l'espionne du cardinal de Richelieu auprès de la Reine et de Mme de Hautefort. Voyez les Mémoires de la Porte ^ p. 393 et 394, et V. Cousin, Madame de Hautefort (chapitre 11, p. 45 et 46, et Appendice^ p. 35 1 et suivantes).
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raisons auroient suffi pour éblouir un homme qui n'avoit presque * jamais rien vu, et pour l'entraîner dans un chemin si opposé à sa fortune. Cette conduite m'attira bientôt Taversion du Roi et du Cardinal, et commença une longue suite de disgrâces, dont ma vie a été agitée, et qui m'ont donné souvent plus de part qu'un particulier n'en de voit avoir à des événements considérables ; mais , comme je ne prétends pas écrire l'histoire, ni parler de moi que dans ce qui a du rapport aux personnes avec qui j'ai été lié d'intérêt et d'amitié, je ne toucherai que les choses où j'ai été mêlé, puisque le reste est assez connu.
La guerre fut déclarée au roi d'Espagne en l'année i635, et les maréchaux de Chàtillon ^ et de Brezé ^ entrèrent en Flandres, avec une armée de vingt mille hommes, pour se joindre au prince d'Orange *, qui commandoit celle de Hollande ; il étoit généralissime, et ces deux corps assemblés faisoient plus de quarante mille hommes. Devant cette jonction, l'armée du Roi seule avoit gagné la bataille d'Avéne ^ et défait les troupes d'Es- %