Pleine d'agitations
5. « Etiam mortuus imperat^ puisqu'on suit encore ses ordres et «es conseils, » dit Guy Patin {Lettres^ tome I, p. 98). — « Après la
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avantages qu'il leur avoit procurés, et le Roi, qui le liaïssoit , n'osoit cesser de suivre ses volontés. Il consentit que ce ministre disposât par son testament des principales charges et des plus importantes places du Royaimie , et qu'il établît le cardinal Mazarin chef du conseil et premier ministre *.
Cependant la santé du Roi diminuoit tous les jours; on prévoyoit de grandes persécutions contre les parents et les créatures du cardinal de Richelieu, soit que la Reine eût seule la régence^, ou que Monsieur la partae^eàt avec elle. Le cardinal Mazarin, M. de Chavigny et M. des Noyers avoient alors toute la part aux affaires, et se trouvoient, par cette raison, exposés dans un changement. M. des Noyers avoit pensé le premier à se garan-
mort du Cardinal, dit la Châtre (p. 176), toute la France s'attendoit à -voir un changement entier dans les affaires; car, comme ce ministre ne subsistoit auprès du Roi que par la terreur, on crut que cette raison étant finie avec lui, la haine de Sa Majesté éclateroit sur tout ce qui resteroit de sa famille et de sa cabale. Mais
ces espérances ne durèrent pas longtemps, et on vit.... avec éton-
nement..,. ses dernières volontés suivies. »
1. On sait quels furent les commencements de Mazarin. Né le 14 juillet 1602, à Piscina, dans les Abruzzes, il se fit recevoir docteur en droit, et fut d'abord, par occasion (1624), capitaine d'infanterie, puis seci'étaire de légation du saint-siége. Attaché ensuite à Sacchetti, nonce à Milan, il entre définitivement, à l'âge de vingt-six ans, dans la carrière diplomatique. En 1629, il est attaché à cette même légation pontificale dans la haute Italie ; il se voit alors à même de donner, dans les plus sérieuses négociations, des preuves de son habileté et de sa prudence. Le 29 janvier i()3o a lieu sa première entrevue avec Richelieu, dont il gagne l'esprit et qui devine son mérite. En 1682, il est vice-légat à Avignon; en i634, nonce extraordinaire en France; en iG36, il quitte le service du Pape pour se donner à Richelieu. Naturalisé Français (avril 1689), il est envoyé à Chambéiy comme ambassadeur extraordinaire, et, deux ans après, il reçoit le chapeau de cardinal; il avait alors trenteneuf ans. Voyez la Jeunesse de Mazarin de V. Cousin.
2. Dans notre manuscrit D, par erreur sans doute : « eût la seule régence ».
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tir, et il avoit donné tics espérances à la Reine de disposer le Roi, par le moyeu de son confesseur*, à l'établir régente. Le cardinal IMazarin et M. de Chavigny, qui avoient pris d'autres mesures pour plaire au Roi, et dans la vue qu'il pourroit guérir, lui avoient proposé de donner une déclaration qui établît un conseil nécessaire à la Reine pour borner l'autorité de sa régence et exclure ^ des aiïiiires toutes les personnes suspectes. Bien que cette proposition parût contraire aux intérêts de la Reine , et qu'elle fût faite sans sa participation , néanmoins le Roi ne pouvoit y consentir : il ne pouvoit se résoudre à la déclarer régente , et moins encore à partager l'autorité entre elle et Monsieur. Il l'avoit toujours soupçonnée d'avoir une liaison ' avec les Espagnols '% et il ne doutoit pas qu'elle ne fût encore fomentée par Mme de Chevreuse, qui étoit passée alors d'Angleterre à Bruxelles *. D'un
1. Jacques Sirraond, saAant jésuite, qui mourut en iGSi, âgé de quatre-vingt-douze ans. Le P. Rapin dit dans ses Mémoires (tome I, p. aSo) que son « autorité étoit d'un poids considérable dans l'Eglise. » Il avait été nommé confesseur du Roi en 1687. Colomiès, qui a écrit sa vie, imprimée dans la Blbliothècjue choisie (i^Si), rapporte (p. 3i3) que « le Roi étant tombé malade, M. de Noyers et Monsieur de Beauvais, voyant que son mal augmentoit, portèrent le P. Sirmond à proposer à Sa Majesté la corégence pour Monsieur, son frère, avec la Reine; mais cette proposition déplut si fort au Roi, qu'après l'avoir aigrement rebutée, et en avoir même dit quelque chose ù la Reine, il ne voulut plus entendre son confesseur, et l'ayant fait renvoyer sous un autre prétexte, prit en sa place le P. Dinet (le 20 mars i643). » Voyez ci-après, p. 53 et 54-