‹ Œuvres de La Rochefoucauld (volume 4)Chapitre 106 sur 616 · Toute sorte · texte numérisé non relu

Toute sorte

3. « Le fort de M. le cardinal Mazarin étoit proprement de ra- A'auder, de donner à entendre, de faire espérer; de jeter des lueurs, de les retirer; de donner des vues, de les brouiller, s (Mémoires de Betz, édition Champollion, tome III, p. 393 et 3g'\.) — « C'étoit une des meilleures maximes de ce cardinal de ne se hâter pas dans la distribution des grâces, parce qu'ordinairement le temps le tiroit d'affaire. » {Mémoires de Ditssy Baluti/i, tome I, p. i35.)

4- « Il étoit.... hardi dans ses projets, timide pour sa personne », a écrit plus haut (p. 3) la Rochefoucauld, en parlant de Richelieu.

6/, MÉMOIRES. [iG.l^]

et son avarice sous une modération alTeclée * : il dcclaroit qu'il ne desiroit^ rien pour lui, et que toute sa lamille étant en Italie, il vouloit adopter pour ses parents tous les serviteurs de la Reine, et chercher également sa sûreté et sa grandeur à les combler de biens ^.

Je voyois diminuer la confiance que la Reine avoit eue pour le duc de Beaufort et pour Tévéque de Bcauvais. Elle commençoit à craindre riiumcur rude et altière du duc de Beaufort. Il ne se contentoit pas d'appuyer les prétentions du duc de Vendôme contre le maréchal de la jMeilIeraye pour le gouvernement de Bretagne ; il appuvoit* encore les espérances, quelque mal fondées qu'elles pussent être , de tous ceux qui s'attachoient à lui, et il se vantoit même de son crédit aux dépens de la réputation de la Reine. Elle savoit cette conduite et elle en étoit vivement aigrie ^ ; mais elle ménageoit encore le duc de Beaufort, et ne pouvoit se résoudre de * l'abandonner si peu de temps après qu'elle lui avoit confié ses enfants '..Le cardinal Mazarin profitoit avec

1. Rapprochez du portrait si injuste et si dur trace par Retz., tome I, p. 283-287.

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