‹ Œuvres de La Rochefoucauld (volume 4)Chapitre 119 sur 616 · Antoine, d'abord comte de Guiclie, puis duc de Gramont · texte numérisé non relu

Antoine, d'abord comte de Guiclie, puis duc de Gramont

camp des Gardes, pour me la donner. On proposa encore de faire rentrer le duc de Bellegarde dans la charge de grand écuyer', par des droits qu'il y avoit conservés, et de m'en faire avoir la survivance. Tant de diverses espérances, qui m'éioient données presque en même temps, et qui étoient sitôt changées, m'attiroient beaucoup d'envie sans me procurer aucun établissement, et je vis bien que la Reine entroit dans l'esprit du Cardinal pour m'amuser. Elle ne me parloit plus d'affaires; mais elle s'efforçoit néanmoins de me doimer toujours des assurances de son amitié. Elle me dit même, une fois que je lui demandois un avis, que pour m'épargner la peine de demander , elle me donnoit par avance tous les avis qui me pouvoient être utiles^. Je ne profitai point de cette bonté ; car il ne se présenta rien dont je pusse faire usage pendant deux mois que cette bonne volonté lui dura. Dans ce temps, Gassion ^, qui depuis a été maréchal de France, fut dangereusement blessé * ; aussitôt la Reine me destina sa charge de mesti'e de camp de la cavalerie légère, en disant qu'elle ne

maréchal depuis 1641, né en 160.4, mort en 1678, était mestre de camp des Gardes depuis lôSg. Il a laissé des Mémoires. Le clievalier de Gramont, le héros des Mémoires d^Hamiilon , cités plus haut, était son frère puiné.

1. Le duc de Bellegarde, qui avait cédé en ifiaola charge de grand écuyer à son frère le baron de Thermes, l'avait reprise à la mort de celui-ci (1621), puis s'en était démis(£639) en faveur de Cinq-Mars. Ce fut Henri de Lorraine, comte d'Harcourt, qui l'obtint en i643.

2. Elle me dit même une fois que si je ne lui donnois des avis, pour m'épargner la peine de lui demander, elle me donneroit par avance tous ceux qui me pourroient être utiles. (1H17, 26, 38.)

3. Jean, comte de Gassion, avait servi sous Gustave- Adolphe. Il fut un des héros de Rocroy, oii il commandait, sous Condé, l'aile droite de l'armée française. Il reçut le bâton de maréchal , à trente-quatre ans à peine, le 17 novembre i643 ; il fut tué au siège de Lens, en 1647.

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