‹ Œuvres de La Rochefoucauld (volume 4)Chapitre 152 sur 616 · Le péril qu'il y avoit · texte numérisé non relu

Le péril qu'il y avoit

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Gourville, quictoit alors fort jeune et peu connu; mais, comme j'avois éprouvé sa fidélité eu d'autres rencontres, qu'il avoit l'esprit avancé et hardi, tous ceux avec qui je traitois prirent créance en lui * , et ce fut sur les paroles qu'il portoit des uns aux autres que l'on agissoit* de concert. Il revint à Saint-Germain nous presser d'aller promptement à Paris ; mais le duc de Longueville ne s'y pouvoit résoudre, et nous fûmes contraints, le marquis de Noirmoustier et moi, de lui dire que nous allions emmener M. le prince de Conti , et que nous déclarerions dans le monde que lui seul manquoit de foi et de parole à ses amis, après les avoir engagés dans un parti qu'il abandonnoit. Il ne put soutenir ces reproches, et il se laissa entraîner à ce que nous voulions \ Je me chargeai de leur faire tenir des chevaux, à une heure après minuit, dans la cour des cuisines; mais, sans m'avertir, ils en prirent d'autres, et s'en allèrent à Paris \ Je les attendois cependant au lieu qu'ils m'avoient marqué, et j'y demeurai jusques à la pointe du jour; je ne pouvois rentrer dans le château pour savoir de leurs nouvelles, et je jugeois bien à quoi j'étois exposé si l'affaire étoit découverte, et si on me trouvoit leur gardant des chevaux à une heure si suspecte; mais j'aimois encore mieux me mettre dans ce hasard que de les y exposer par un contre-temps; enfin je sus qu'ils étoient partis, et je me rendis à Paris longtemps après qu'ils y furent arrivés \

X. Voyez p. 126, note 4. - Cet habile homme d'affaires « savoit dit Mme de Motteville (tome Ht, p. igB), marcher facilement par les chemms raboteuv et tortus, comme par les plus droits, » et « persuadoit presque toujours ce qu'il vouloit qu'on crût.»

2. Que l'on agit. (1817, a6, 38.) — Ce pourrait bien être la vraie leçon, au moins est-ce la plus correcte.

3. A ce que nous voulûmes. (1817, 26, 38.) 4- Dans la nuit du 9 au 10 janvier 1649.

5. Voyez le récit de Gourville (p. 221-223], et celui de Mme de

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Le bruit de leur venue se répandit en peu de temps et fit de difToreuts effets * : le peuple les reçut avec joie ; mais ceux du Parlement qui ignoroient le traité de Noisy, fomentés'' par les partisans de la cour, publioient que c'étoit un artifice, et que le prince de Conti et le duc de Longueville, liés au prince de Condé par tant de proximité et par tant d'intérêts, ne se mettoient à la tête d'un parti que pour le sacrifier à la vengeance du cardinal Mazarin. Cette impression, si aisée à recevoir par un peuple timide et par le Parlement étonné , fit douter quelque temps de la sûreté de Mme de Longueville , du prince de Conti et de tout ce qui les ayoit suivis*. Le Parlement rejeta d'abord leurs offres, et il ne les reçut qu'après qu'il fut instruit par le Coadjuteur, Broussel, Longueil, et par ceux qui savoient le traité. M. le prince de Conti et Mme de Longueville, pour donner plus de confiance, logèrent dans l'Hôtel de Ville, et se livrèrent entièrement entre les mains du peuple \

La cour cependant avoit ressenti vivement la retraite du prince de Conti, du duc de Longueville et des

Motteville (tome II, p. 3o3 et 3o4), qui fait ressortir les hésitations du duc de Longueville, et qui ajoute : « Pour le prince de Marcillac, qui étoit de la partie, je ne doute pas qu'il n'allât gaiement au crime de lèse-majesté, et que ce voyage ne lui parût la plus belle et la plus glorieuse action de sa vie. »

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