‹ Œuvres de La Rochefoucauld (volume 4)Chapitre 196 sur 616 · Entrer. {:is. H, réd. i et · texte numérisé non relu

Entrer. {:is. H, réd. i et

i66 MÉMOIRES. [i65o]

gociation secrète, que Monsieur le Prince mcnageoit avec lui sans la participation de M. le duc d'Orléans*, et en quelque façon contre ses intérêts : de sorte que ce procédé de Monsieur le Prince paroissant tout ensemble peu sincère et peu respectueux à Monsieur, il se crut dégagé de tout ce qu'il lui avoit promis, et consentit sans balancer au dessein de le faire arrêter prisonnier^.

Le jour qu'ils choisirent pour l'exécuter fut celui du premier conseil*. Ils résolurent aussi de s'assurer de M, le prince de Conti et du duc de Longueville, croyant remédier par là à tous les désordres qu'une telle entreprise pouvoit causer'^. Ces princes évitoient, depuis

r. « Le Cardinal, dit Monsieur le Prince dans un de ses manifestes, qui prévoyoit bien que Monsieur le due d'OrU'ans étoit pour demander l'e'pée de connétable, afin de se conserver, dans la majorité du Roi, la principale fonction de sa lieutenance générale, employa ses artifices ordinaires pour m'engager à la poursuivre, partie pour nous commettre tous deux dans la demande de cette charge, partie pour en tirer de moi quelque récompense. Encore me la fît-il offrir par le duc de Rolian, à condition que je cédasse à son neveu Mancini tout ce que je prétendois sur l'amirauté, ou que je lui donnasse le bâton de grand maître. Si cette épée devoit être si préjudiciable à l'Etat entre mes mains, et me donner moyen de passer d'un état particulier à la royauté, m'en devoit-il faire la proposition, et s'obliger lui-même de la faire agréer à Son Altesse Royale, pour les intérêts de laquelle je refusois d'y entendre? « (^Note de V édition de 1689.)

2. De sorte que ce dernier ayant reçu ces impressions, et ce procédé de Monsieur le Prince lui paroissant tout ensemble peu sincère et peu respectueux, etc. {Ms. H, réd. 2.) — De sorte que ce dernier ayant reçu toutes ces impressions, et voyant ce procédé qui lui paroissoit tout ensemble peu sincère et peu respectueux de la part de

Monsieur le Prince, se crut dégagé, etc et consentit dès l'heure,

sans balancer, etc. {Ms. H, réd. i.)

3. Le 18 janvier i65o. Retz nous apprend dans ses Mémoires (éd. Ch., tome II, p. 2o5) que le Cardinal s'y résolut à midi.

4. « La cour, dit Mme de 3Iottcville (tome III, p. laS),... prend la résolution d'exécuter promptement son dessein, et d'arrêter Monsieur le Prince, le prince de Conti et le duc de Longueville,

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quelque temps, par le conseil ' de Mme de Longucville, de se trouver tous trois ensemble au Palais-Roval * ; maisc'étoit plutôt^ par complaisance pour elle, que pour être persuadés * que cette conduite fût nécessaire à leur sûreté. Ce n'est pas qu'ils n'eussent reçu plusieurs avis de ce qui étoit prêt de leur arriver; mais Monsieur le Prince y faisoit trop peu de réflexion pour les suivre " ; il les recevoit même quelquefois avec une raillerie aigre, et évitoit d'entrer en matière ®, pour n'avouer pas qu'il avoit pris de fausses mesures avec la cour : de sorte que ses plus proches parents et ses amis craignoienl de lui dire leurs sentiments sur ce sujet ^. Néanmoins le prince de Marcillac*, remarquant' les divers procédés de M. le duc d'Orléans envers Monsieur le Prince et envers les Frondeurs", dit à M. le prince de Conti, le jour qu'il fut arrêté, que l'abbé de la Rivière étoit assurément gagné

afin que les deux derniers ne pussent par une guerre civile secourir le premier. »

1. Tous les désordres que pourroit produire une telle entreprise. Depuis quelque temps, ces princes avoient évité, par les instances. {Ms. //, réd. I et 2.)

2. « Le prince de Marcillac, par un esprit de pénétration et d'habileté, avoit souvent jugé que les affaires alloientmal pour leur parti; et, dans cette pensée, il leur recommandoit toujours de ne se trouver jamais tous trois au Conseil. » (Mme de Hlotteville, tome III, p. i3o.)

3. Et ils en usoient ainsi [bien, réd. i) plus. {3Is, H, réd. i et 2.)

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