I1 alla. (3Is. H, réd. i et
3. Il « sortit de Paris à pied, le 6 février i65i, sur les onze heures de nuit, dit Guy Joli (tome I, p. 162), en habit gris, accompagné seulement de son écuyer et de trois autres personnes, qui le menèrent par la porte de Richelieu, jusqu'au rendez-vous, où ils trouvèrent des chevaux tout prêts, lesquels ayant montés, ils allèrent joindre un gros de cinq cents chevaux, qui le conduisirent à Saint- Germain. » — Le récit de Mme de Motteville (tome III, p. 291) diffère par quelques petites circonstances : « Il se vêtit, dit-elle, d'une casaque rouge, prit un chapeau avec des plumes, et sortit à pied du Palais-Royal, suivi de deux de ses gentilshommes. Il alla par la porte de Richelieu, où il trouva de ses gens qui l'attendoient avec des chevaux; de là il alla passer la nuit à Saint-Germain. « Il était convenu que le Cardinal serait rejoint parla Reine, si celleci ne réussissait pas à calmer l'orage. Au sujet de ce départ, on lit, à la date du 1 1 février ifi5i , dans la Muze historique de Loret, p. 91 et 92 :
Le Cardinal, lundi, la nuit, Fit sa retraite à petit bruit, Et sortit par l'huis de derrière, La lune servant de lumière....
On dit qu'en sortant de la porte, Il fit ses regrets de la sorte :
« Adieu, plaisant Palais-Royal, Qui me servoit d'Escurial....
O Richelieu (par parenthèse) ,
Qui maintenant es à ton aise.
Mille et mille fois plus que mol,
Qui suis en piteux désarroi,
Si, devenant fier comme Hérode,
J'eusse un peu suivi ta méthode, j
MEMOIRES. [i65i] 23i
doucit point les esprits des Parisiens ni du Parlement. On craignoit même qu'il ne fût allé au Havre, pour enlever les Princes, et que la Reine n'eût dessein en même temps d'emmener* le Roi hors de Paris. Cette pensée fit prendre de nouvelles précautions. On redoubla toutes les gardes des portes et des rues proche du Palais- Royal, et il y eut encore toutes les nuits non-seulement des partis de cavalerie pour s'opposer à la sortie du Roi^, mais un soir* que la Reine avoit efifectivement dessein de l'emmener, un des principaux officiers de la maison en donna avis * à M. le duc d'Orléans, qui envoya des
Beaucoup qui font les entendus Eussent sans doute été pendus, Et d'autres qui font tant les bêtes, A présent n'auroient plus de tètes »....
Il en eût davantage dit,
Sans queltpie bruit qu'il entendit.
Qui lui ferma soudain la liouçhe,
Et ne sut plus dire que : a Touche. »
Lors son cocher toucha soudain.
Et tira droit à Saint-Germain.