‹ Œuvres de La Rochefoucauld (volume 4)Chapitre 265 sur 616 · Dans le manuscrit D, le mot eu (sic) est en interligne · texte numérisé non relu

Dans le manuscrit D, le mot eu (sic) est en interligne

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moins son amitié ; mais il l'assura en même temps qu'il étoit libre de la lui accorder ou de la lui refuser, et que le parti qu'il prendroit * n'empêclieroit pas qu'il ne pût sortir du Havre, à l'heure même, pour aller où il lui plairoit^. Apparemment INIonsieur le Prince fut facile à promettre ce qu'on desiroit de lui. Ils dînèrent ensemble avec toutes les démonstrations d'une grande réconciliation'; et incontinent après le Cardinal prit congé de lui et le vit monter en carrosse avec M. le prince de Conti, le duc de Longueville elle maréchal deGramont. Ils vinrent coucher à trois lieues du Havre, dans une maison nommée Grosmesnil *, sur le chemin de Rouen, où le duc de la Rochefoucauld, M. de la Vrillière, Comminges et le président Viole arrivèrent presque en même

I. Et que le parti qu'il prendroit là-dessus. {Ms. H, rcd. i.) 3. Retz dit (tome III, p. 4o> td. Ch.) que le Cardinal « fit toutes les bassesses imaginaJjJes à Monsieur le Prince, qui le traita avec beaucoup de hauteur et qui ne lui fit pas le moindre remerciement de la liberté qu'il lui donna, après avoir dîné avec lui. » — Suivant Guy Joli (tome I, p. 1C9), « il s'humilia jusqu'à embrasser les genoux de Monsieur le Prince, les larmes aux yeux, en lui demandant sa protection; mais il ne put tirer de S. A. que des paroles assez froides et générales, pendant une heure de conférence qu'il eut avec lui. » Voyez aussi la Suite du vrai Journal du Parlement^ année i65i, p. 44- Cette entrevue de Mazarin et des Princes fit l'objet d'un pamphlet publié à Paris sous ce titre : V Entretien de Mazarin avec M. de Bar, gouverneur de la citadelle du Havre de Grâce, avec sa confession générale, faite à Messieurs les Princes avant leur sortie dudit Havre, etc.

3. « Ce repas se fit dans la même liberté que s'ils eussent été tous satisfaits les uns des autres. La comédie du monde le vouloit ainsi. Celle-là étoit belle : les acteurs en étoient grands et illustres, et les événements jîIus véritables qu'il ne convenoit pour le repos de la Reine. « {Mme de Motteville, tome III, p. 3i5.)

4. « Il vint de là coucher à Gromeni, à quatre lieues de là, chez un gentilhomme de mes parents, qui faisoit bonne chère à tous ceux qui le venoient voir, mais qui ne s'attendoit pas d'avoir une si grande compagnie, s {Mme de Motteville, tome III, p. 3 16.)

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temps * et furent témoins des premiers moments de leur joie. Ils recouvrèrent ainsi leur liberté treize mois après l'avoir perdue. Monsieur le Prince supporta * cette disgrâce avec beaucoup de résolution et de constance, et ne perdit aucune occasion de faire cesser' son malheur. Il fut abandonné de plusieurs de ses amis; mais on peut dire avec vérité que nul autre n'en a jamais trouvé '' . de plus fermes et de plus fidèles que ceux qui lui resté- ^ rent^. Jamais personne de sa qualité n'a été accusé de moindres crimes, ni arrêté avec moins de sujet®; mais sa naissance, son mérite et son innocence même", qui dévoient avec justice empêcher sa prison, étoient de grands sujets de la faire durer, si la crainte et l'irrésolution du Cardinal et tout ce qui s'éleva en même temps contre lui, ne lui eussent fait prendie de fausses mesures dans le commencement et dans la fin de cette affaire.

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