Y étoient demeurés. (Ms. H, réd. i et i
10. L'entretien eut lieu dans la ruelle de la Reine, qui était au lit; il ne dura qu'un quart d'heure, disent le Journal du Parlement, P- 46, et Mme de Motteville, tome III, p. 817.
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firent une faute très-considérable de laisser jouir la Reine plus longtemps de son autorité : il étoit facile de la luiôter; on pouvoit faire passer la Régence à M. le duc d'Orléans par un arrêt du Parlement, et remettre non-seulement entre ses mains la conduite de l'État, mais aussi la personne du Roi, qui manquoit seule pour rendre le parti des Princes aussi légitime en apparence qu'il étoit puissant en effet. Tous les partis y eussent consenti, personne ne se trouvant en état ni même en volonté de s'y opposer, tant l'abattement et la fuite du Cardinal avoient laissé de consternation à ses amis. Ce cliemin si court et si aisé auroit sans doute empêché pour toujours le retour de ce ministre, et ôté à la Reine l'espérance de le rétablir. INIais ^Monsieur le Prince, qui revenoit comme en triomphe, étoit encore trop ébloui de l'éclat de sa liberté pour voir distinctement tout ce qu'il pouvoit entreprendre. Peut-être aussi que la grandeur de l'entreprise l'empêcha d'en connoître la facilité. On peut croire même, que la connoissant, il ne put se résoudre de laisser passer* toute la puissance à M. le
I. Voici quelle est, pour le commencement de ce paragraphe, la première rédaction du ms. H, reproduite, avec un petit nombre de légères différences, par la seconde série des anciennes éditions : « Plusieurs ont cru que M. le duc d'Orléans et lui en firent en effet une bien grande {iine bien grande grâce) à la Reine de la laisser jouir plus longtemps de son autorité ; car il étoit facile alors de la lui faire ôter par le Parlement, du consentement de tous les partis, la cour n'étant en état ni même en volonté de s'y opposer, tant l'abattement et la fuite du Cardinal y avoient laissé d'incertitude et de consternation. Ce chemin si court et si aisé lui fermoit sans doute pour toujours celui de son retour en France, et ôtoit tout d'un coup à la Reine l'espérance de voir rétablir sa puissance et son ministre. Les moyens en étoient aisés, comme je viens de dire, et on pouvoit sans peine faire passer par un arrêt la Régence à M. le duc d'Orléans, et remettre.... qu'il eut été puissant en effet. Mais soit que Monsieur le Prince, ne faisant que d'arriver comme en triomphe, en eût encore l'esprit tout plein et qu'il crût que ce change-
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duc d'Orléans, qui étoit entre les mains des Frondeurs*, dont Monsieur le Prince ne vouloit pas dépendre. D'autres ont cru plus vraisemblablement qu'ils espéroient, l'un et l'autie*, que quelques négociations commencées et la foiblesse du gouvernement établiroit leur autorité par des voies plus douces et plus légitimes ' . Enfin ils laissèrent à la Reine son titre et son pouvoir, sans rien faire de solide* pour leurs avantages. Ceux qui considéroient leur conduite, et en jugeoient alors selon les vues ordinaires, remarquoient qu'il leur étoit arrivé ce qui arrive souvent* en de semblables rencontres, même^ aux plus grands hommes qui ont fait la guerre à leurs souverains, qui est de n'avoir pas su se prévaloir de certains moments favorables et décisifs^. Ainsi le duc de Guise', aux premières barricades de Paris', laissa sortir
ment si soudain de sa ibrtune méritoit d'être goûté quelque temps avant que d'entreprendre de si grandes choses, ou soit que la grandeur de cette entreprise l'empêchât d'en connoître la facilité, ou bien que la connoissant, il ne pût se résoudre à laisser transférer. » — Voyez ci-après, p. 241, note 7.
I. *Qui étoit lui-même en celle des Frondeurs. (Ms. H, réd. i.) a. * Dépendre; ou soit, plus vraisemblablement encore, qu'ils crussent, l'un et l'autre. {J^Is. H, réd. i.)
3. * Plus légitimes que celles que je viens de dire. {Ms. H, réd. i.)