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mière proposition, et consentit volontiers ù la seconde ^ Le Coadjuteur et M. de Lyonne se trouvèrent chez le comte de Montrésor pour convenir des moyens d'exécuter cette entreprise ; ils demeurèrent d'accord qu'il la falloit tenter, sans résoudre rien pour le temps ni pour la manière de l'exécuter*; mais, soit que M, de Lyonne en craignît les suites pour l'Etat, ou que, voulant empêcher, comme on l'en soupçonnoit ^, le retour du Cardinal, il considérât la liberté de Monsieur le Prince comme le plus grand obstacle qu'on y pût apporter, il découvrit au maréchal de Gramont, qui étoit son ami*, tout ce qui avoitété résolu contre Monsieur .e Prince chez le comte de Montrésor. Le maréchal de Gramont usa de ce secret comme avoit fait M. de Lyonne : il le dit à M. de Chavigny, après l'avoir engagé, par toutes sortes de serments, de ne le point révéler ; mais M. de Chavigny en avertit à l'heure même Monsieur le Prince^. Il crut quelque temps qu'on faisoit courre le bruit de l'arrêter pour l'obliger à quitter Paris, et que ce seroit une foiblesse d'en prendre l'alarme : il voyoit avec quelle chaleur le peuple prenoit ses intérêts, et il se trouvoit* continuel-
I. Retz raconte (tome III, p. 98 et 99, éd. Ch.) qu'il offrit à la Reine de faire arrêter de nouveau Condé, mais qu'elle « n'y voulut jamais entendre. » Quant au projet d'assassinat, il le rejette à la charge du maréchal d'Hocquincourt et de la Reine elle-même, et il ajoute : a J'en eus horreur, et je suis obligé de dire, pour la vérité, que Mme de Chevreuse n'en eut pas moins que moi. »
a. Voyez les Mémoires de Retz, ibidem, p. 102.