‹ Œuvres de La Rochefoucauld (volume 4)Chapitre 328 sur 616 · S'en étoit rendu maître. {I^ls. H, réd, i et · texte numérisé non relu

S'en étoit rendu maître. {I^ls. H, réd, i et

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trouvoit juste aussi que la vie du Coadjuteur répondît de révénement du désordre qu'il avoit ému, et duquel le succès aui'oit sans doute été terrible ; mais, considérant qu'on ne se battoit point dans la salle, et que de ceux qui étoient amis du Coadjuteur dans le parquet des huissiers, pas un ne mettoit l'épée à la main pour le défendre, il n'eut pas le même prétexte pour l'attaquer qu'il auroit eu si le combat eût été commencé en quelque endroit'. Les gens même de Monsieur le Prince qui étoient près du duc de la Rochefoucauld ne sentoient pas de quel poids étoit le service qu'ils pouvoient rendre à levu' maître ^ ; et enfin l'un, pour ne vouloir pas faire une action qui eût paru cruelle, et les autres, pour être irrésolus dans une si grande affaire, donnèrent temps à Champlàtreux^, fils du Premier Président, d'arriver, avec ordre de la grand chambre de dégager

1. Tout ce passage est, dans le ms. H et dans les anciennes éditions, plus indécis par l'idée et embarrassé par la forme; il semble que la Rochefoucauld, sentant tout l'odieux de sa conduite, ne sache trop à quel tour s'arrêter : « Outre la satisfaction de s'en A'enger en vengeant Monsieur le Prince des paroles audacieuses qu'il venoit de dire contre lui, on pouvoit croire encore qu'il étoit juste que la vie du Coadjuteur répondit de l'événement du désordre qu'il avoit ému, et duquel le succès pouvoit être apparemment terrible; mais le duc de la Rochefoucauld, considérant qu'on ne se battoit point dans la salle, et que de ceux qui étoient amis du Coadjuteur dans le parquet des huissiers, pas un ne mettoit l'épée à la main pour le défendre, il crut (ainsi il crut, réd. i) n'avoir pas le même prétexte de se venger de lui, qu'il auroit eu si, etc. » (Mr. //, réJ. I et 2.)

2. A leur maitre en ce rencontre. (3fs. //, réd. i et 2.) — Renouard a changé ce en cette.

3. Jcan-Édouard Mole, seigneur de Champlâtreux, d'abord conseiller honoraire, puis, en i643, maitre des requêtes au parlement de Paris, fut reçu jjrésident à mortier en ifiSy; il mourut en 1682. Voyez sur lui l'ouvrage de M. de Barante, le Parlement et la Fronde, i85g, in-8°, p. 899 et 400,

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le Coadjuteur, ce qu'il fit, et ainsi il le retira du plus grand péril où il se fût jamais trouvé*. Le duc de la Rochefoucauld, le voyant entre les mains de Cliamplàtreux, retourna dans la grand chambre prendre sa place, et le Coadjuteur y arriva dans le même temps, avec le trouble qu'un péril tel que celui ^ qu'il venoit d'éviter lui devoit causer. Il commença par se plaindre à l'assemblée de la violence du duc de la Rochefoucauld. Il dit qu'il avoit été près d'être assassiné, et qu'on ne l'avoit tenu à la porte que pour l'exposer à tout ce que ses ennemis auroient voulu entreprendre contre sa personne. Le duc de la Rochefoucauld, se tournant vers le Premier Président, répondit qu'il falloit sans doute que la peur eût ôté au Coadjuteur la liberté de juger de ce qui s'étoit

1. Rapprochez du récit de Retz (tome III, p. 218 etixg, ed.Cli.): « Comme je mis le pied sur la porte du parquet, j'entendis une fort grande rumeur dans la salle, de gens qui criolent aux armes. Je me voulus retourner pour voir ce que c "e'toit, mais je n'en eus pas le temps, parce que je me sentis le cou pris entre les deux battants de la j)orte, que M. de la Rochefoucauld avoit fermée sur moi, en criant à MM. de Coligny et de Ricousse de me tuer. Le premier se contenta de ne le pas croire ; le second lui dit qu'il n'en avoit point d'ordre de Monsieur le Prince. Montrésor, qui étoit dans le parquet des huissiers avec un garçon de Paris, appelé Noblet, qui m'étoit affectionné, soutenoit un peu un des battants, qui ne laissoit pas de me presser extrêmement. M. de Chaniplàtreux, qui étoit accouru au bruit qui se faisoit dans la salle, me voyant en cette extrémité, poussa avec vigueur 31. de la Rochefoucauld. 11 lui dit que c'étoit une honte et l'Jie horreur qu'un assassinat de cette nature ; il ou^-rit la porte et il me fît entrer. » — Guy Joli (tome I, p. aai) rapporte, de son côté, que le duc delà Rochefoucauld, lorsqu'il tenait le Coadjuteur dans la porte, « dit au sieur

de Chavagnac, ami de Monsieur le Prince, qu'il falloit tuer ce b

la, et qu'il le poignardât. Ce gentilhomme dit qu'il n'en feroit rien, et qu'il étoit là pour le service de Son Altesse, mais non pour assassiner personne, et qu'il le poignardât lui-même, s'il le vouloit. »

2. **Avec tout le trouble qu'un accident comme celui, etc. Qh. H, réd. I.)

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passé * ; qu'autrement il auroit vu ^ qu'il n'avoit pas eu dessein de le perdre, puisqu'il ne l'avoit pas fait, ayant eu longtemps sa vie entre ses mains; qu'en effet il s'étoit rendu maître de la porte et l'avoit empêché de rentrer mais qu'il ne s'étoit pas cru obligé ' de remédier à sa peur en exposant JMonsieur le Prince et le Parlement à une sédition, que ceux de son parti avoient émue * en le voyant arriver. Ce discours fut suivi de quelques paroles aigres et piquantes, qui obligèrent^ le duc de Biissac, beau-frère du duc de Retz ^, de répondre ; et le duc de la Rochefoucauld et lui résolurent de se battre le jour même sans seconds; mais, comme le sujet de leur querelle étoit '^ pubhc, elle fut accordée, au sortir du Palais, par M. le duc d'Orléans ^

1. S'étoit passé clans ce rencontre. {Ms. H, réel. 2.) — Dans ce moment. (Ms. H, réd. i.) •

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