Enfui ceux. {Ms. //, réd. i et
7. * S'accorderont à le plaindi-e, les uns d'une faute qu'il a faite par une inévitable nécessité [une inévitable et glorieuse nécessité, réd. i), les autres, de ce qu'il a dégagé ses grands devoirs par une faute. {Ms. H, réd. i et 1.) — A toutes les raisons par lesquelles la Rochefoucauld s'efforce d'excuser l'action de Marchin, il convient d'en ajouter une qu'il oublie, c'est que ce capitaine, après tout, n'était pas Français d'origine: il était né à Liège (Belgique). Voyez sur lui V. Coxiûn, Madame de Lougueville pendant la Fronde, p. g6-g8. — L'éditeur de 1689, ne tenant pas non plus grand compte de cette raison, fait au sujet du comte de Marchin la réflexion suivante : a M. de la Rochefoucauld parle ici plutôt selon les intérêts de son parti que selon la raison et la politique ; car y a-t-il un devoir plus indispensable que celui de préférer l'intérêt du Prince à l'intérêt d'un particulier? A qui le comte de Marsin étoit-il plus obligé : au Roi, qui lui avoit donné le gouvernement de Catalogne, ou à Monsieur le Prince, qui l'a voit aidé de sa recommandation? Celui qui aura recommandé sera donc de meilleure condition que le Prince. Pour moi, je suis persuadé que, sous le ministère du cardinal de Richelieu, le comte de Marsin auroit passé pour criminel de lèsemajesté dans toutes les formes. »
MEMOIRES. [irJ5i] 3^3
La cour, comme je l'ai dit, étoit alors à Poitiers \ et M. de Chàteauneuf occupoit en apparence la première place dans les affaires, bien que le Cardinal en fût en effet toujours le maître*. Néanmoins la manière d'agir de ce ministre', ferme, décisive, familière, et directement opposée à celle du Cardinal, commencoit à faire approuver son ministère, et gagnoit même quelque créance dans l'esprit de la Reine. Le Cardinal en étoit trop bien averti pour donner temps à M. de Chàteauneuf de s'établir davantage. Il jugea que sa présence à la cour étoit le seul remède qu'il pût apporter à tout ce qui s'élevoit contre lui, et préférant ses intérêts particuliers à ceux de l'Etat*, son retour fournit à M. le duc d'Orléans et au Parlement le prétexte qui leur mauquoit de se joindre à Monsieur le Prince^.
Le maréchal d'Hocquincourt* eut ordre d'aller i^ecevoir
1. La cour etoit lors, comme j'ai dit, à Poitiers. Ç\Ts. H^réd. i 1
2. « Il étoit toujours le maître, dit Mme de Motteville (tome III, p. 452), et Chàteauneuf se plaignoit qu'on n'avoit pas assez de confiance en lui. »
3. 'Néanmoins la façon d'agir de ce vieillard. {Ms. H, réd. i.)
4. Mme de Motteville (tome Ht, p. 4^9) dit que la Reine vouloit aussi le retour du Cardinal, et elle ajoute : « Mais elle vouloit le bien de l'Etat préférablement à toutes choses; et la crainte qu'elle avoit que ce retour ne redonnât des forces à Monsieur le Prince la faisoit balancer sur le temps. »
5. Le Cardinal étoit trop bien averti pour lui laisser prendre de profonde racine (étoit trop bien averti de ces choses pour leur laisser prendre une profonde racine^ réd. t), et il y a grande apparence Çil y a apparence^ réd. i) qu'il jugea que son retour étoit le seul remède {un remède absolument nécessaire, réd. i) au mal qu'il apprëhendoit pour son particulier, puisque, dans tout le reste, il s'accordoit mal aux intérêts de l'Etat ; et qu'en effet il acheva de fournir de prétexte à M. le duc d'Orléans et au parlement de Paris de se déclarer contre la cour. {Ms. H, réd. i et a.)
6. Charles de Moucliy, marquis d'Hocquincourt, gouverneur de Péronne, maréchal de France en i65i, vice-roi de Catalogne en i653. Mécontent de la cour, il alla rejoindre Coudé en i655, et.
324 MEMOIRES. [iG'ji]
le cardinal Mazarin sur la frontière de Luxembourg*, avec deux mille chevaux, et de l'escorter jusques où seroit le Roi. Il traversa le Royaume sans trouver d'empècliement^, et arriva à Poitiers^, aussi maître de la cour qu'il Tavoit jamais été. On affecta de donner peu de part de ce retour à M. de Cliàteauneuf, sans toutefois rien changer aux apparences dans tout le reste, ni lui donner de marques particulières de défaveur. Le Cardinal même lui fit quelques avances; mais lui, craignant de se commettre et jugeant bien qu'il ne pouvoit être ni sur ni honnête à un homme de son âge et de son expérience de demeurer dans les affaires sous son ennemi, et qu'il seroit sans cesse exposé à tout ce qu'il lui voudroit faire souffiir de dégoût et de disgrâce, il prit prétexte de se retirer sur ce que, la résolution ayant été prise* par son
trois ans après, il fut tué d'une balle française au siège de Dunkerque.