‹ Œuvres de La Rochefoucauld (volume 4)Chapitre 383 sur 616 · Une simple muraille, où. (Ms. H^ réd. i et · texte numérisé non relu

Une simple muraille, où. (Ms. H^ réd. i et

Vî/f MÉMOIRES. [i652]

et divisées par des fossés et par des haies, Monsieur le Prince vit bien qu'il ne pouvoit aller en bataille aux ennemis, sans se mettre en désordre et sans se rompre lui-même avant que d'être^ arrivé à eux. Ainsi il se contenta* de faire avancer son infanterie et de chasser avec beaucoup de feu les ennemis de quelques postes qu'ils avoient occupés. Il y eut aussi deux ou trois escadrons qui combattirent, et toute la journée se passa en de continuelles escarmouches*, sans que le marquis de Saint- Luc quittât la hauteur, et sans que Monsieur le Prince entreprît de l'aller attaquer en un lieu si avantageux, n'ayant point de canon et n'en pouvant avoir que le lendemain. Il donna ses ordres pour en faire venir deux pièces, et cependant, jugeant bien que le bruit de son arrivée étonneroit plus les ennemis que l'avantage qu'il avoit remporté sur eux*, il donna la liberté à quelques prisonniers, pour en porter la nouvelle au marquis de Saint-Luc. Elle fit l'effet^ qu'il avoit désiré; car les soldats en prirent l'épouvante, et elle mit une si grande consternation parmi les officiers qu'à peine attendirentils la nuit pour cacher leur retraite et se sauver à Lectoure*. Monsieur le Prince, qui l'avoit prévu, mit des corps de garde si près des ennemis qu'il fut averti dans le moment qu'ils marchèrent, et on peut dire que

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