‹ Œuvres de La Rochefoucauld (volume 4)Chapitre 456 sur 616 · Si aisé à surprendre. [Ms. //, réd. i · texte numérisé non relu

Si aisé à surprendre. [Ms. //, réd. i

6. Rapprochez de la maxime 117 (tome I, p. 81), où la Rochefoucauld dit : a On n'est jamais si aisément trompé que quand on songe à tromper les autres. »

7. Qui croyoit rencontrer tous ses avantages et toutes ses sûretés. {Ms. H, réd. i et n.)

8. A Villeneuve-Saint-Georges, où il s'était arrêté, revenant

MÉMOIRES. [i652] 397

pris lorsque M. de Tureniie lui manda qu'il le chargeroit, s'il ne décampoil et ne se retiroit en Flandres*. Les troupes de M. de Lorraine n'étoient pas inférieures à celles du Roi *, et un homme qui n'eût eu soin que de sa réputation eût pu raisonnablement hasarder un combat; mais, quelles que fussent les raisons de AL de Lorraine, elles lui firent préférer le parti de se retirer avec honte, et de subir ainsi le joug que M. de Turenne lui voulut imposer'. Il ne donna aucun avis de ce qui se passoit à M. le duc d'Orléans ni à .Monsieur le Prince, et les premières nouvelles qu'ils en eurent leur apprirent confusément que leurs troupes étoient sorties d'Etampes, que l'armée du Roi s'en éloit éloignée, et que M. de Lorraine s'en retournoit en Flandres*, prétendant avoir pleinement satisfait aux ordres des Espagnols, et à la parole qu'il avoit donnée à INL le duc d'Orléans de faire lever le siège d'Etampes. Cette nouvelle surprit tout le

d'Étampes. Yoye?. Macfemolse/le, tome II, p. 78-81, et Désormeanx, Histoire du prince de Condé, tome III, p. 378.

1. Tout d'un coup marclier^I. de i'urenno à lui avec toute l'armée, et il fut surpris lorsqu'il lui manda qu'il le chargeroit, s'il ne décampoit et ne se retiroit en Flandres. [Ms. H, réd. 1.) — *Tout d'un coup marcher M. de Turenne à lui, avec toute l'armée, qui lui manda de décamper de (à, anc. éd.) l'heure même et de (j'f", anc. éd.) retourner en Flandres. {Ms. H, réd. i.)

2. Il avait cinq mille hommes à cheval, trois mille fantassins, et une excellente artillerie, a Sa cavalerie étoit fort belle, dit Mademoiselle (tome II, p. 79); mais pour son infanterie, elle ne l'étoit pas trop : il avoit des Irlandois, qui, pour l'ordinaire, ne sont ni de bonnes ni de belles troupes; tout ce qu'ils ont de recommandable sont leurs musettes. »

3. Lui vouloit imposer. (Ms. H, réd. i et 2.) — Voyez les Me'moires de Retz, tome IV, p. ap-Si, éd. Ch.

4- Turenne leva le siège d'Etampes le 7 juin, après y avoir fait de très-grosses pertes; la retraite du duc Charles eut lieu le 16 juin. Voyez, dans M. 3Ioreau [Bibliograplùe , tome III, p. 366 et 367), la liste des nombreuses Mazarinades imprimées à cette occasion.

monde*, et fit résoudre Monsieur le Prince^ d'aller joindre ses troupes, craignant que celles du Roi ne les chargeassent en chemin. Il sortit de Paris avec douze ou quinze chevaux, s' exposant ainsi à être rencontré par les partis des ennemis. Il joignit son armée à Linas^, et l'amena loger vers Villejuive*; elle passa ensuite à Saint- Cloud, où elle fit un long séjour, pendant lequel, nonseulement la moisson fut toute perdue % mais presque toutes les maisons de la campagne furent brûlées ou pillées, ce qui commença d'aigrir les Parisiens^, et Monsieur le Prince fut près d'en recevoir les funestes marques en la journée de Saint-Antoine^, dont nous allons parler.

Cependant Langlade * alloit et venoit de la part du

1. D'après Mademoiselle, ce fut plus que de la surprise. « Tout Paris, dit-elle (tome II, p. 82), étoit dans des déchaînements horribles contre les Lorrains : personne ne s'osoit dire de cette nation, de peur d'être noyé. »

2. ** Et fit prendre résolution à Monsieur le Prince. [Ms. H, réd. I et 2.)

3. Près de Montlhéry. — 4- Voyez la note 4 de la page laS. 5 ** La moisson fut perdue. [Ms. H, réd. 1 et 2.)

6. **Cequi commença l'aigreur des Parisiens. (j\Is. /^, réd. i et 2.) — Voyez le Journal contenant ce qui se passa de pins remarquable dans le Roraume pendant cette guerre civile à Paris {Bibliographie des Mazarinades, tome I, p. 82-84). — Les bourgeois de Paris allèrent en corps au Luxembourg se plaindre des vols et des violences de l'armée des Princes ; il y eut même des rixes entre bourgeois et soldats. Il est certain que, dès le mois de juin, la fatigue était générale à Paris ; tous les pamphlets de cette période de la Fronde en témoignent. Voyez, entre autres , V Esprit de paix., en date du 25 juin 16.^2, où l'on conseille aux Parisiens d'aller au palais d'Orléans demander le Roi et la paix sans condition [Choix de Mazarinades, tome II, p. 375 et suivantes).

7. ** Dont Monsieur le Prince fut près de recevoir de funestes marques à la journée de Saint-Antoine. [Ms. H, réd. 1 et 1.]

8. Sur Jacques de Langlade, alors secrétaire du duc de Bouillon, voyez ci-dessus, la note 6 de la page i83.

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Cardinal à Monsieur le Prince*. On étoit déjà convenu^ des principales conditions; mais plus le Cardinal insistort' sur les moindres, et plus on devoit croire qu'il * ne vouloit pas traiter. Ces irrésolutions donnoient de nouvelles forces à toutes les cabales, et de la vraisemblance à tous les divers bruits qu'on vouloit semer; jamais Paris n'a été plus agité, et jamais l'esprit de Monsieur le Prince n'a été plus partagé pour se résoudre à la paix ou à la guerre. Les Espagnols le vouloient éloigner de Paris, pour empêcher la paix, et les amis de Mme de Longueville contribuoient à ce dessein, pour l'éloigner aussi de Mme de Chàtillon. D'ailleurs ^Mademoiselle avoit tout ensemble le même dessein qu'avoient les Espagnols et celui qu'avoit Mme de Longueville^ : car, d'un côté, elle vouloit la guerre comme les Espagnols, afin de se venger® de la Reine et du Cardinal, qui ne vouloient pas qu'elle épousât le Roi, et, de l'autre, elle desiroit, comme Mme de Longueville, de rompre Ma liaison de Monsieur le Prince avec Mme de Chàtillon, et avoir plus de part qu'elle à sa confiance et à son estime. Pour y parvenir^

1. Au lieu de cette phrase, on Ut dans le ms. H (réd. i) : « Cependant Gaucourt avoit des conférences secrètes avec le Cardinal, qui lui te'moignoit toujours de désirer la paix avec empressement.

2. Il étoit déjà convenu. [.'fJs. H, réd. 2.) — **11 étoit convenu. {Ms. H, réd. I.)

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