Entre autres la famille de Condé : voyez p. 67 et
mêmes voies qui dévoient m'avancer et qu'elle me doiinoit assez peu de part en beaucoup de choses où d'autres n'en dévoient possible avoir que par moi. Mais, comme elle ne vouloit pas encore déclarer à ses serviteurs ce qu'on avoit déjà gagné contre eux auprès d'elle, ces changements et ces réserves -là ne manquoient point de belles couleurs : le défaut de confiance passa pour un simple défaut d'applic-ation ; il falloit l'imputer à un embarras que je voyois bien, plutôt qu'à un dessein formé que je ne verrois de ma vie ; je devois croire qu'elle ne s'abstenoit de me dire que ce qu'elle pensoit m'avoir déjà dit, et qu'à force de m'avoir dans l'esprit, elle s'imaginoit que j'avois présidé à tous ses conseils, et distribué à chacun de ceux du parti l'emploi dont il étoit capable. Si un homme, à demi persuadé par le propre mérite de ses actions, fut achevé de l'être par des assurances où il ne voyoit rien qu'on ne pût bien croire de la gratitude et de l'équité d'une grande reine, il n'y a pas grand sujet de s'en étonner ; et je penserois encore à cette heure avoir mérité tous les traitements que j'en ai reçus, si j'en avois pu conserver la crainte après les soins qu'elle avoit pris de me Fôter. Toutefois ces commencements -là eurent bientôt des suites à devoir faire juger ce qu'on a vu depuis. La mort du feu Roi arriva, et les premiers sentiments de la Reine moururent avec lui. On fit qu'elle affecta de désavouer tout autre intérêt que celui de l'Etat : l'arrêt du Parlement qui la fit régente * la déchargea dans sa pensée de tout ce qu'elle avoit cru devoir jusqu'alors ; elle fut persuadée que ce n'étoit pas à une princesse qui disposoit de tout à payer ce qu'on avoit fait pour une princesse qui ne pouvoit rien; et, si les restes du crédit de