‹ Œuvres de La Rochefoucauld (volume 4)Chapitre 506 sur 616 · I. Y oyez les Mémoires, p. y^-yj · texte numérisé non relu

I. Y oyez les Mémoires, p. y^-yj

a. Allusion à l'emprisonnement de quelques jours qu'il subit à la Bastille : voyez les Mémoires, p. Sj-Sg.

3. Sur cette assemblée des Importants, qui eut lieu à Beaumont, dans une maison de M. de Harlay, et dont le duc de la Rocliefon-

on vouloit que toute la cabale de Mme de Chevreuse eût un rendez-vous, et où la ruine du Caidinal ne pouvoit pas manquer d'être résolue. Alors, ne doutant plus d'avoir trop de quoi faire mon procès, ils me reçurent la première fois à une défense régulière, afin de tirer de ma bouche ma condamnation ; mais le malheur voulut pour eux que, n'ayant découvert que mon innocence, ils n'eurent à condamner que leurs propres soupçons, et leur confusion les troubla de sorte qu'ils s'engagèrent à dire que j'allois être mieux à la cour que je n'aurois jamais été. Leurs libéralités ni leur confiance ne m'en témoignèrent pourtant rien. On pensa que c'étoit assez de me représenter que, pour lors, la Reine n'a voit quoi que ce soit à donner, ni à dire ; car, de récompenser pour moi des offices de la couronne*, et de m'en communiquer les secrets'^, on me croyoit trop raisonnable pour le désirer, et pour m'aller souvenir qu'il y avoit huit ans qu'on avoit commencé à me juger digne de l'un et de l'autre.

J'avoue que ma patience fut plusieurs fois tentée de se rebuter, et que je me fusse, dès l'heure, soulagé l'esprit, si l'état de ma famille m'eût permis de suivre mon inclination ; mais l'intérêt de ma maison ayant étouffé toute ma colère, je me résolus encore à voir le succès des belles promesses dont j'étois flatté ; et pour faire que les faveurs trouvassent en moi les dispositions nécessaires à les recevoir, je m'abstins, autant que l'hon-

cauld, père de notre auteur, fut le premier à donner avis au cardinal JMazarin, voyez les Mémoires de Montrésor, p. 352 et 353.

1. Récompenser, dans ce tour, signifie « donner l'équivalent de. » Pour nommer le prince de Marcillac à un office de la couronne, il eût fallu qu'il dédommageât ou qu'on dédommageât celui dont on lui aurait donné la place. C'est surtout en parlant de bénéfices que récompenser s'employait dans ce sens. Voyez ci-après, p. 460.

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