Du désir. (1662-1S
5o6 APPENDICE AUX 3IEM0IRES.
intéressés par leur fortune ou par leur haine particulière contre le principal ministre. Le second' parti étoit des Mazarins, qui étoient persuadés que l'on devoit une obéissance aveugle à la cour, les uns par la conscience'*, pour entretenir le repos de l'Etat, les autres par des liaisons qu'ils avoient avec les ministres ou par intérêt avec les gens d'affaires ; et le dernier étoit de ceux qui blamoient l'emportement des premiers, n'approuvoient pas aussi la retenue des seconds, et qui se tenoient dans un parti mitoyen, pour agir, dans les occasions , ou selon leurs intérêts, ou selon leur devoir. C'étoit là la disposition du Parlement, dont la plupart, qui, au commencement, n'avoient point d'amour pour les nouveaiités, parce que l'expérience des affaires du monde leur manquoit, maintenant ^ étoient bien aises d'être commis pour régler des abus qui s'étolent glissés dans l'administration de l'Etat, et de se voir médiateurs entre la cour et les peuples*. On leur insinuoit que cet emploi donneroit de la considération et de l'éclat à leurs personnes ; que la charité les obligeoit de secourir les malheureux dans leurs pressantes nécessités, et que le devoir de leurs charges, qui sont instituées^ pour modérer l'extrême puissance des rois et s'opposer à son dérèglement", les y convioit; qu'ils doivent^ savoir que, depuis quelques années, les ministres de France sont persuadés que c'est régner précairement quand leur empire ne s'étend que dessus les choses 'permises; que les lois sont étouffées par la crainte, et la justice par la force; que, pour notre infortune, nos derniers rois leur ont si fort abandonné la conduite de l'État, qu'ils l'ont rendu ^ la proie de leurs passions; que le temps est venu'" qu'il faut remettre les anciens ordres, et cette relation harmonique qui doit être " entre un commandement légitime et une obéissance raisonnable; que, pour cet effet, les peuples réclamoient leur justice, comme le seul asile poiu- prévenir leur dernière oppression; qu'une si sainte mission, étant approuvée du Ciel, et suivie des acclama-