‹ Œuvres de La Rochefoucauld (volume 4)Chapitre 592 sur 616 · II. De la traiter · texte numérisé non relu

II. De la traiter

nemi de l'Etat. En effet, Vautort"', envoyé parla cour vers les ministres d'Espagne eu Flandre, pour insinuer quelques propositions de paix, n'avoit pas été favorablement écouté, et ils penchoient^du côté du Parlement pour relever ce parti qui alloitàson déclin, bien que * ces offres de l'Archiduc au parti de Paris, lesquelles il exécutoit par son entrée effective en France, accompagné de deux agents du prince de Conti avec quinze* mille hommes, donnant une juste appréhension à la cour, l'avoit fait tout d'un coup résoudre d'accommoder l'affaire de Paris. D'autre part, les disj)Ositions pour la paix n'étoient pas moins puissantes dans le parti contraire; la nécessité des vivres augmenloit dans Paris ; les taxes étoient consommées ; la difllculté très-grande d'avoir de l'argent" ; leurs troupes dépérissoient, ou par l'avarice des officiers, ou par le peu de subsistance ; peu ** de satisfaction de leurs généraux ; leurs armes décréditées : enfin le dégoût avoit saisi la plupart des esprits, ou par les incommodités', ou piu-ce que c'est le naturel des peuples de se lasser promptement de la guerre qu'ils ont entreprise' avec le plus de chaleur". Le Premier Président et le président de Mesmes, qui avoient toujours agi de concert secrètement avec les ministres pendant tous ces mouvements, se servoient avec adresse de ces dispositions pour mettre en avant un tiaité de paix; et, comme ils furent déput;'s avec d'autres pour porter à la Reine la lettre de l'Archiduc et la créance de son envoyé, et justifier la Compagnie de l'avoir entendu, mais aussi qu'elle n'avoit pas voulu déiibi'rcr sur la réponse s;ms savoir ses volontés, ils avoient eu'° une conférence, à part des autres députés, avec M. le duc d'Orléans et Monsieur le Prince, dtuis laquelle agitant la paix ensemble, et eux insistant*' sur l'ouverture des passages, les Princes leur avoient promis que l'on en déboucheroit un aussitôt que le Pailement donncroit un plein pouvoir à ses députés pour traiter la paix. Or, quoique cette conférence secrète fit murmurer le Parlement et les

1. François Gruget, sieur de Vautorte, agent diplomatique de M;izariu, avocat général au grand conseil, puis conseiller d'Etat. Cette négociation de Vautorte est du mois de février 1649.

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