‹ Œuvres de La Rochefoucauld (volume 4)Chapitre 73 sur 616 · Dans un âge où l'on aime · texte numérisé non relu

Dans un âge où l'on aime

mari, et au cardinal de Riclielieu, qui en étoit jaloux, et d'ôter Mlle de Hautefort au Roi, qui en étoit amoureux. Heureusement, les choses changèrent : la Reine ne se trouva pas coupable, 1 interrogation du Chancelier la justifia % et Mme d'Aiguillon adoucit le cardinal de Richelieu; mais il étoit nécessaire de faire savoir promptement toutes ces choses à Mme de Chevreuse, pour Tempécher de prendre l'alarme et de chercher* à se mettre en sûreté. On a voit fait jurer à la Reine de n'avoir aucun commerce avec elle, et il n'v avoit que moi qui la put informer de tout ce qui s'étoit passé. La Reine me laissa ce soin : je pris prétexte^ de retourner chez mon père, où ma femme* étoit malade, et je promis à la Reine de rassurer Mme de Chevreuse et de lui faire savoir tout^ ce dont elle me chargeoit. Dans le temps que je lui parlois, et qu'elle n'avoit pas achevé tout ce qu'elle avoit à me dire, Mme de Seneçay*, sa dame d'honneur,

1. Mme de Motteville affirme dans ses Mémoires (tome I, p. 66) l'innocence de la Reine « à l'égard du Roi; » mais elle ajoute qu'elle « étoit coupable, si cétoit un crime d'avoir écrit au roi d'Espagne son frère, et à Mme de Chevreuse. » La Porte, un des interme'diaires de la Reine dans la correspondance incriminée, dit (p. 36i- 367) qu'elle fît des aveux. La culpabilité d'Anne d'Autriche ressort suffisamment des lettres intercejitées alors par la police de Richelieu,, et qui sont conservées à la Bibliothèque nationale (manuscrits français, n° 3747). Voyez Madame de Clisvreuse, p. 127 et suivantes, et, dans V Appendice du même ouvrage, les notes du chapitre m.

2. Et l'avertir de chercher. (18 17, 2G, 38.) — Leçon qui fait un contre-sens dans le récit.

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